Reconduit comme ministre dans le nouveau gouvernement wallon, le CDH Carlo Di Antonio a, cette fois, hérité, entre autre, de l’Aménagement du territoire. Une compétence précédemment tenue par l’Ecolo Philippe Henry. Carlo Di Antonio, sans revoir de fond en comble le travail effectué durant cinq ans par son prédécesseur, va modifier partiellement le CoDT (Code de Développement territorial), voté en fin de législature et qui devait entrer en vigueur le 1er janvier prochain. "La DPR prévoit un report pour le 1er juillet 2015. Nous allons rencontrer les architectes, les urbanistes, le monde de l’entreprise et les huit fonctionnaires délégués wallons sont chargés d’analyser le CoDT pour la fin septembre." Le futur texte devra, dès lors, passer au vote du Parlement wallon avant d’être mis en application.

Le ministre donne trois exemples de mesures du CoDT qui devront être revues : "Il était prévu d’augmenter le nombre de fonctionnaires délégués, ce ne sera pas le cas. Sur les SAR (les sites à réaménager), on constate que si on applique le CoDT, on ne pourra pas respecter le timing imposé par l’Europe pour certains projets qui pourraient recevoir des fonds Feder." Le troisième exemple concerne une mesure emblématique du CoDT, à savoir, la mise en place de périmètres U qui doivent permettre une meilleure densification des centres urbains et ruraux et éviter ainsi l’étalement de construction comme on a pu le voir par le passé.

Revoir les périmètres U

Carlo Di Antonio ne dénonce pas le principe mais souhaite rendre cette mesure plus souple que celle prévue par son prédécesseur : "Le CoDT prévoit une facilitation des procédures seulement quand les périmètres U seront déterminés. Il y en a 550 à identifier et cela prendra entre cinq et dix ans et un coût de 25 millions pour la Wallonie. C’est beaucoup trop long. Il faut travailler autrement pour la mise en œuvre de ces procédures. Le point de départ de la simplification tant vantée c’est le périmètre U. S’il faut dix ans, on ne simplifie rien. Le fait de voter le CoDT dans l’urgence en fin de législature a permis de nombreuses imprécisions."

Le Cwatupe (Code wallon de l’aménagement du territoire) vivra donc encore une bonne année. "Mais on va quand même essayer de simplifier pas mal de choses pour que cette situation transitoire soit efficace. Il n’est pas nécessaire de modifier le décret. Il faut simplement moins de formalisme dans certaines procédures. Il faut faire évoluer les habitudes de fonctionnement" , explique encore le ministre qui souhaite sensibiliser l’administration wallonne de l’aménagement du territoire (la DGO4 au SPW) : "L’administration est souvent perçue comme un frein pour les particuliers et par le monde de l’entreprise. Certains projets d’investissement restent parfois bloqués pour de mauvaises raisons. Il faut rationaliser la manière de travailler et faire de l’administration une aide aux constructeurs et aux investisseurs. La DPR prévoyant également le non-remplacement d’un fonctionnaire qui part à la retraite sur cinq, il sera nécessaire d’expliquer comment travailler différemment. Si quelque chose en Wallonie en dehors des textes, doit changer, c’est l’image de l’administration."

Autre chantier du ministre dans le domaine de l’aménagement du territoire : le SDER (Schéma de développement de l’espace régional) qui n’a pu être voté en fin de législature.

Un SDER beaucoup trop détaillé

Là encore, il faudra changer des choses : "On peut en retirer toute une série de détails. Il va trop loin, il est trop précis. Il y a toute une série de mesures très locales alors que ce n’est pas son rôle. Si on fait passer ce texte, on s’expose à des recours en tout genre. Le SDER doit donner les grandes orientations à l’échelle de la région. Il y a eu énormément d’argents dépensés en études. Cela a coûté 2,5 millions d’euros. On ne doit plus le faire évidemment. Nous allons alléger le texte et le simplifier." Carlo Di Antonio espère le faire voter au Parlement wallon dans les deux ans.


Des "extensions urbaines" plutôt que des "villes nouvelles"

Démographie. Que deviennent les fameuses "villes nouvelles" voulues par Benoît Lutgen ? Cette proposition du CDH, médiatique et ambitieuse, durant la défunte campagne électorale n’est manifestement pas tombée dans les oubliettes des trop nombreuses promesses de campagne. C’est du moins ce qu’affirme le ministre Di Antonio qui est chargé de plancher sur cette question permettant de résoudre partiellement les problèmes de démographie galopante au sud du pays. "Je préfère parler de nouveau quartier ou d’‘extension urbaine’. Nous allons donc étudier cette possibilité. Il faut identifier les endroits susceptibles d’accueillir de tels projets et trouver des partenaires locaux pour les financer" , précise-t-il. Ces nouveaux quartiers seront aussi de véritables laboratoires pour tester toutes sortes de solutions en matières d’énergie, de gestion des déchets, de mobilité, etc. "Des moyens sont prévus pour les années 2017 et 2018 afin de réaliser les études nécessaires. J’aimerais en fin de législature proposer trois endroits qui feraient l’unanimité", conclut Carlo Di Antonio.