Dans un entretien au "Morgen", il dénonce aussi le noyautage de la FGTB par le PTB.

Elio Di Rupo avait fait passer le mot. Il ne donnerait pas de grande interview avant le mois de janvier. Il a manifestement fait une exception pour le quotidien flamand De Morgen. Dans un grand entretien publié vendredi, le ministre-Président wallon (PS) qui dirigeait, il y a peu encore, le PS - qu’il a présidé pendant 20 ans - évoque un putsch tenté en 2017 par Thierry Bodson (FGTB) et Jean-Pascal Labille (Solidaris).

Le mot putsch est sans doute un peu fort. Elio Di Rupo fait en fait référence à deux sorties dans la presse des deux éminences de l’action commune (parti-mutuelle-syndicat). À l’époque, Labille considérait que le PS avait "besoin d’un nouvel élan, un nouvel essor, avec une nouvelle équipe". Il estimait aussi que "celui qui incarne le mieux l’avenir, c’est Paul Magnette", et en appelait à des élections internes anticipées. Thierry Bodson, pour sa part, expliquait que lorsqu’il se rendait à une assemblée syndicale ou dans une manifestation les gens lui disaient "avec Elio, ça ne marchera pas".

Certains, à l’époque, considéraient qu’il fallait voir derrière ces deux sorties sans effets, la main invisible de Paul Magnette qui trépignait de prendre la main. On constatera avec le recul, que celui qui est devenu président en octobre n’a jamais rien exprimé en ce sens, officiellement en tout cas et qu’il a attendu son tour. Di Rupo considère d’ailleurs que Magnette "n’a jamais voulu participer à cette action, il est trop intelligent et ne souhaitait pas diviser inutilement le parti". Elio Di Rupo précise qu’à l’époque, il a résisté et "fait preuve de résilience". Il ajoute : "Les gens auraient-ils soudainement oublié Publifin et le Samusocial avec l’arrivée d’un nouveau président ? J’étais convaincu que non." Et il conclut en précisant qu’à l’époque : "Presque tout le bureau du parti m’a soutenu. C’est presque une centaine de personnes."

Le radicalisme de la FGTB

Dans cet entretien, Elio Di Rupo évoque aussi le PTB et ses liens très forts avec la FGTB. Il estime que la FGTB a été infiltrée par le PTB "et pas qu’un peu. C’est un énorme problème pour le parti". Il considère aussi qu’"il appartient au syndicat lui-même de ne pas se radicaliser davantage. Quand j’entends parler le PTB, je m’imagine dans l’Union soviétique des années 1950 et 1960, avec une économie dirigée par l’État et un bureau politique qui décide de tout".