La rentrée politique signifie immanquablement le retour à des réalités très terre-à-terre pour le gouvernement qui est attendu par le Parlement avec un budget de l’Etat pour l’année prochaine. Pour l’équipe Di Rupo 1er, composée d’une aile gauche et d’une aile droite, c’est une échéance délicate.

Le gouvernement sera très prochainement confronté à la confection du budget 2013. Quel sera l’objectif et quelle sera l’ampleur de l’effort ?

Nous attendons le budget économique pour la mi-septembre. Au départ de cela, les administrations puis les groupes de travail se mettront à la tâche de telle sorte que nous puissions opérer les arbitrages juste après les élections communales.

L’Europe n’imposait-elle pas un calendrier plus serré – fin septembre – pour la présentation de la trajectoire budgétaire ?

Nous sommes effectivement tenus de mettre en œuvre certains éléments du "six pack". Mais rien n’a été publié à ce sujet au Journal officiel. Il n’y a donc pas de délai précis pour cette année-ci. Cela dit, Europe ou pas Europe, nos arbitrages budgétaires constituent d’abord une priorité d’ordre intérieur. Nous devons maintenir le cap. Nous restons dans les clous.

A savoir ?

Nous devons vérifier que nous réduirons bien le déficit à 2,8 % en 2012 et que nous atteindrons bien l’équilibre en 2015. Les étapes intermédiaires seront un déficit de 2,15 % en 2013 et de 1,1 % en 2014.

La Commission européenne presse la Belgique d’entreprendre certaines réformes et estime qu’il faut revoir voire supprimer l’indexation automatique des salaires…

Ah ? D’où surgit ce débat ? Nous avons répondu à toutes les interrogations européennes. Notre position est connue. L’Union européenne sait très bien que dans l’accord de gouvernement nous avons abordé la question de l’inflation par le contrôle des prix. Tout cela est connu. A part m’imaginer qu’on essaye de faire du bruit pour faire du bruit, je ne vois pas qui remet cela à l’ordre du jour.

Il y aura quand même des efforts à réaliser.

Ah ça oui, il y aura des efforts. Nous procéderons aux ajustements avec la responsabilité et la sérénité qu’il sied.

Cela va faire mal… ?

Il y a une erreur à ne pas commettre : ce serait de se contenter de la rigueur. Je suis totalement opposé à l’austérité. Nous devons travailler en parallèle : l’assainissement budgétaire - car le stock de dettes de l’Etat est important - mais nous devons aussi favoriser la relance.

Ce plan de relance qui, en juillet, partait un peu dans tous les sens…

Il s’agit, non pas d’un plan, mais d’une stratégie de relance : cela est fondamental et indispensable, pour ses effets mais aussi pour le moral. La rigueur budgétaire s’impose et nous devons la respecter. C’est une condition sine qua non de notre crédibilité. Mais en parallèle, il nous faut une dynamique, une stratégie de relance. L’optimisme, le dynamisme de la société belge dépend du contexte européen, de l’eurozone. Mais cela dépend aussi de nous. Nous devons poursuivre ce travail de relance, en synergie avec les Régions et les partenaires sociaux. Patrons et syndicats doivent aussi conclure un accord interprofessionnel avant la fin de l’année. La dynamique de relance, même avec des moyens modérés, peut avoir des effets importants.

Faudra-t-il recapitaliser Dexia ?

Nous n’avons pas de demande à cet égard. Nous surveillons très attentivement ce qui s’y passe. Les difficultés rencontrées résultent essentiellement de la lenteur avec laquelle la France a finalement agi.

Certains s’étonnent de l’attitude du gouverneur de la Banque nationale qui lance ses avertissements dans la presse…

J’imagine qu’il agit dans le cadre de son indépendance