Politique belge

Cinq ans après être passé à côté du poste de commissaire européen, Didier Reynders a subi un nouveau revers mercredi soir. Il n’a pas été élu secrétaire général du Conseil de l’Europe, la fonction à laquelle il s’était déclaré officiellement candidat en janvier dernier. Le coup est rude et l’on sait que le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères aura du mal à digérer cet échec. Sous sa carapace, se dissimule une certaine fragilité.

Toutefois, voici un scénario qui pourra lui mettre un peu de baume au cœur. Dans la nuit de dimanche à lundi, l’élite politique européenne va se revoir afin de poursuivre les négociations en vue de la répartition d’une série de “gros postes” (les top jobs). En particulier, la présidence de la Commission européenne et la présidence du Conseil européen feront l’objet de toutes les convoitises.

Charles Michel au Conseil européen

Or, parmi les personnalités politiques en lice pour succéder à Donald Tusk à la tête du Conseil européen, on trouve Charles Michel. Le processus de sélection des futurs dirigeants européens répond à des critères tellement nombreux, à des équilibres tellement délicats, qu’il est impossible de dire avec certitude si le Premier ministre belge tient réellement la pole position pour ce mandat comme certaines sources l’affirment. Le bruit revient, toutefois, avec de plus en plus d’instance. “Dimanche, je suis certain que l’on va apprendre qu’il s’en va pour l’Europe”, affirme un informateur libéral haut placé.

Dès lors, imaginons que Charles Michel soit en effet désigné à la présidence du Conseil européen. Il devrait alors quitter le 16, rue de la Loi dans les prochaines semaines. Qui pourrait lui succéder ? Très probablement un membre du même parti. Autrement dit, un libéral francophone. Et qui a le profil idéal pour occuper la fonction de Premier ministre ? Didier Reynders, naturellement.

Reynders au “16”

Il est vice-Premier ministre et est le seul membre du gouvernement à disposer d’une expérience politique aussi solide. On peut imaginer qu’il dirigerait le gouvernement fédéral actuel (en affaires courantes) en attendant qu’une nouvelle majorité soit trouvée et un nouvel exécutif installé. Ce qui pourrait durer, vu l’impasse actuelle au fédéral… “Ensuite, il pourrait même rester Premier ministre dans la future coalition, qui sait”, analyse un MR.

Nous nous plaçons ici dans une logique de pures hypothèses mais le départ de Charles Michel pour l’Europe et l’arrivée, même temporaire, de Didier Reynders au “16” pourraient bouleverser le MR. Car, en effet, il faudra également trouver un remplaçant à Charles Michel à la présidence du parti. Difficile d’imaginer qu’il se démultiplie au niveau européen dans ses nouvelles fonctions tout en restant à la tête du MR. Les libéraux devront donc organiser à terme des élections internes.

Borsus ou Wilmès à la présidence du MR

Qui seraient les candidats possibles pour tenir les rênes du parti libéral en l’absence de Charles Michel ? Plusieurs noms sont cités. Il y a tout d’abord le fidèle parmi les fidèles du clan Michel : l’actuel ministre-Président wallon, Willy Borsus. Comme Olivier Chastel l’avait fait avant lui, il pourrait présider le MR tout en préservant un éventuel retour de Charles Michel dans l’arène politique belge après son mandat européen.

Autre possibilité “michelo-compatible” : Sophie Wilmès, l’actuelle ministre fédérale du Budget. Sérieuse, solide, consensuelle, elle pourrait occuper ce poste sans susciter de contestations en interne. Citons également Jean-Luc Crucke, ministre wallon (Finances, Budget, Énergie), qui par contre a une étiquette “reyndersienne”. Enfin, Georges-Louis Bouchez pourrait déposer une candidature de challenger à la présidence du MR face à l’un de ces candidats potentiels.