Le président du MR, George-Louis Bouchez, a dénoncé samedi la "fausse bonne idée" qu'est selon lui la proposition défendue par les partis socialistes d'interdire le versement de dividendes par les entreprises en cas de limitation à 0,4% de la hausse des salaires, après l'échec des négociations entre partenaires sociaux sur un accord interprofessionnel (AIP) et le renvoi de la balle dans le camp du gouvernement Vivaldi. "Ce n'est pas raisonnable. Cela fait vraiment partie - et je suis désolé de le dire - des idées populistes", a-t-il affirmé lors de la fête du travail organisée, en mode virtuel, par le Mouvement réformateur à l'occasion du 1er mai, qui célèbre ainsi "la liberté de travailler".


M. Bouchez a souligné que le MR s'opposerait à cette menace, brandie tant par le PS que par son homologue flamand, Vooruit (l'ex-sp.a), deux des sept partis de la coalition fédérale dite Vivaldi, à la suite de l'échec des négociations sur l'AIP 2021-2022.

"Si les patrons ne veulent pas négocier, on peut geler les salaires des patrons et les dividendes", a ainsi affirmé vendredi le président du PS, Paul Magnette, sur la chaîne LN24, rejoignant son homologue de Vooruit, Conner Rousseau.

"C'est facile de dire aux gens: 'il n'y aura pas de dividende'. Tout le monde applaudit parce qu'on dit 'c'est les multinationales, les très riches'. Savez-vous qu'un grand récepteur de dividendes, c'est l'Etat belge", a ajouté M. Bouchez lors d'une séance de questions-réponses en ligne avec le président du "parti frère", l'Open Vld, Egbert Lachaert.

"Est-ce qu'on va dire à l'Etat belge: 'plus de dividendes chez Proximus, plus de dividendes chez Belfius'?, a-t-il poursuivi en rappelant que les dividendes généraient également des impôts. "Ce sont des centaines de millions d'euros dont l'Etat se priverait si jamais on appliquait cette mesure et des centaines de millions en moins pour la sécurité sociale et pour les services publics", a encore fait valoir le président des libéraux francophones.

Il a souligné que l'application de la loi de 1996 sur la compétitivité des entreprises - parfois remise en cause par la gauche - fera que l'augmentation salariale ne sera pas de 0,4%. "Elle sera de 3,2%" grâce à cette loi et pourra même atteindre jusqu'à 6% dans certains secteurs" qui ont octroyé des aides spécifiques "pour remercier, de façon tout à fait légitime, le personnel qui s'est battu lors de cette crise sanitaire", a-t-il dit.

M. Bouchez s'en est aussi pris au PTB, dénonçant "la bêtise" et le "danger" que représente à ses yeux ce parti qu'il a qualifié "d'extrême gauche" ou "de gauche extrême". "Ce qui me préoccupe aujourd'hui, c'est que ses idées sont en train de contaminer quelques partis qui comptent et espèrent en lui courant après gagner quelques voix. Cela ne marchera pas", a-t-il lancé, en s'opposant à l'instauration de nouvelles taxes.

Le président du MR et plusieurs des ministres libéraux ont rappelé les mesures de soutien prises en faveur des personnes et des entreprises les plus touchées depuis plus d'un an par la pandémie de Covid-19.

La vice-Première ministre et ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès, qui dirigeait le gouvernement fédéral au début de la crise sanitaire, a ainsi chiffré la somme mobilisée par le niveau fédéral à 25 milliards d'euros - un montant qui ne tient pas compte des aides régionales et communautaires libérées par les entités fédérées.