L'intéressé a rappelé de son côté qu'il était tenu par un contrat de gestion qui remonte à 2008 et que bon nombre des partis qui l'interpellent disposent d'un représentant au conseil d'administration de l'opérateur ferroviaire, auteur de la décision controversée. "Nous ne pouvons pas cautionner les doubles discours", a souligné Melissa Hanus (PS), ajoutant que "dans le bras de fer" avec la CEO de la SNCB, Sophie Dutordoir, c'est cette dernière qui avait gagné. "En tant que ministre de tutelle, vous avez plus de pouvoir que ce que vous avez montré", a ajouté Eric Thiébaut (PS).

Les attaques les plus virulentes sont venues de Michel De Maegd (MR). Le député a accusé le ministre d'avoir fourni au parlement des "réponses incomplètes et donc contraires à la vérité" et a dit attendre des excuses, qui ne sont pas venues. A ses yeux, la "saga Gilkinet" relève d'un "sérieux dérapage". "Un ministre, ça prend ses responsabilités, ça ne se défausse pas lâchement sur un conseil d'administration", a-t-il lancé avant de faire remarquer que la loi donne au ministre le pouvoir d'annuler une décision de la SNCB.

Au coeur des attaques se trouvent les explications du ministre après l'annonce le 1er février de la fermeture de 44 des 135 guichets de gares. Le ministre a d'abord fait savoir qu'il avait demandé des garanties sans remettre en cause la décision elle-même. Le lendemain, devant les réactions, il envoyait un nouveau communiqué pour annoncer qu'il désapprouvait la décision de la SNCB et qu'il demandait un moratoire. Jeudi passé, un courrier de Mme Dutordoir était rendu public dans lequel elle estimait que la confiance avec son ministre de tutelle était rompue. La décision de la SNCB avait en effet été concertée avec le ministre. Deux réunions ont eu lieu entretemps entre les deux protagonistes et, mardi, le conseil d'administration des chemins de fer a confirmé la fermeture des 44 guichets en l'assortissant de mesures d'accompagnement.

"La SNCB est une entreprise publique autonome dont les missions de service public sont encadrées par un contrat de gestion. Le dernier en date remonte à 2008 et valait jusqu'en 2012. C'est l'outil dont je dispose. (...) C'est un conseil d'administration qui prend les décisions. Il est composé de représentants politiques d'à peu près tous les partis qui se sont exprimés" (4 PS, 2 MR, 1 sp.a, 1 cdH, 1 Open Vld, 2 N-VA, 3 CD&V), a expliqué M. Gilkinet.

Or, dans le contrat de 2008, aucune mission de service public n'est confiée à la SNCB pour l'accueil dans les gares. "Une autorité de tutelle ne peut imposer une mission de service public sans un nouveau contrat", a-t-il précisé.

Et si un commissaire du gouvernement étiqueté Ecolo était présent à titre d'observateur le 27 novembre quand la décision a été prise, sa présence était officieuse puisque son entrée en fonction n'est intervenue que par arrêté royal publié le 3 décembre.

"Je veux bien entendre que la séquence n'était pas optimale dans les relations entre la SNCB et son ministre de tutelle mais nous avons pris langue", a reconnu le ministre qui a mis en avant les mesures d'accompagnement.

Et de poursuivre: "Je souhaite pour le futur des gares plus ouvertes et plus attractives. J'espère inverser une tendance à la concentration des moyens dans des gares de prestige au détriment des gares plus petites".