Politique belge

Le juge d'instruction de Gand a auditionné et inculpé lundi Dries Van Langenhove dans le cadre de l'enquête sur les agissements de l'association Schild en Vrienden, mis en lumière par un reportage de la télévision publique flamande en septembre dernier.

M. Van Langenhove doit prêter serment dans trois jours en tant que député fédéral après son élection le 26 mai sur la liste Vlaams Belang du Brabant flamand.

Selon le parquet de Flandre orientale, l'immunité parlementaire ne peut être invoquée dans cette enquête, celle-ci ayant été lancée lorsque Dries Van Langenhove était encore un "simple citoyen".

L'instruction fut ouverte après la diffusion, le 5 septembre 2018, d'un reportage de la VRT dévoilant l'existence de groupes de conversation fermés créés par Schild en Vriend où ses membres s'échangeaient des messages racistes, antisémites ou glorifiant la violence.

Le juge d'instruction avait dans ce cadre procédé à plusieurs perquisitions auprès de membres de Schild en Vrienden, notamment au domicile de Dries Van Langenhove, l'une des principales figures de l'association, où les policiers avaient saisi du matériel informatique.

Depuis lors, ce matériel a été restitué à l'intéressé, mais il n'avait jamais été interrogé par la justice à ce jour.

Lundi, le juge d'instruction de Gand l'a finalement auditionné et inculpé notamment d'infractions à la loi sur le racisme, à la loi réprimant les faits de négationnisme, ainsi qu'à celle portant sur les armes.

M. Van Langenhove a été laissé en liberté sous condition, précise le parquet. L'une d'entre elles le contraint à réaliser une visite guidée de la caserne Dossin, le mémorial, musée et centre de documentation sur l'holocauste et les droits de l'homme situé à Malines.

Le président Vlaams Belang, Tom Van Grieken, a dénoncé lundi cette audition et inculpation de M. Van Langenhove, la qualifiant de "tentative d'intimidation de la justice".

L'avocat de Dries Van Langenhove, Johan Platteau, s'est aussi demandé pourquoi son client avait été interrogé trois jours avant sa prestation de serment comme député, alors qu'il est prêt à collaborer à l'enquête depuis son ouverture. "Il est prêt à tout expliquer et veut une audience plus approfondie. Il estime ne pas être responsable si un ami poste un message, par exemple. Le juge d'instruction lui a imposé de ne plus parler du dossier. (Mon client) a également fait savoir qu'il était prêt à visiter la caserne Dossin", a réagi Me Platteau.