Chez les libéraux, on commence à s’agacer de l’évolution du discours du PS face à la poussée du PTB dans les sondages. Le PS a changé de stratégie à l’égard de la formation incarnée par le combatif Raoul Hedebouw : jouer l’ouverture plutôt que la confrontation.

Au MR, c’est l’incompréhension. En particulier, le chef de groupe libéral à la Chambre, Denis Ducarme, veut envoyer un coup de semonce aux socialistes : il réclame un cordon sanitaire vis-à-vis du PTB, tout comme les partis démocratiques le pratiquent vis-à-vis de l’extrême droite.

"Le PTB joue sur l’humour, mais…"

"Magnette dit désormais que, au fond, le PTB a les mêmes projets que le PS. Laurette Onkelinx a renchéri et parle carrément de convergence de projets entre les deux partis, s’étonne-t-il. Il faut sans doute leur rappeler que le PTB est un parti extrémiste et populiste, reposant sur une idéologie totalitaire, sur la dictature du prolétariat. Il faut regarder le PTB tel qu’il est. Il joue sur une cosmétique comique, sur l’humour et le sourire, mais ce n’est pas pour autant qu’il n’est pas dangereux sur ses projets. "

Les yeux doux du PS aux marxistes, est-ce de la stratégie pour séduire l’électorat du PTB ou bien une réelle conviction des socialistes sur le plan des idées ? Réponse ironique de Denis Ducarme : "C’est pire que de la simple stratégie de dire qu’il y a des convergences. La volonté du PS au travers de cette communication autour du PTB, c’est de montrer que le PS et le PTB, au fond, c’est la même famille, qu’ils défendent tous deux les mêmes choses. Le PS fait sa danse du ventre devant ce parti extrémiste et se fait régulièrement éconduire comme un amoureux…"

Complaisance coupable

Denis Ducarme a particulièrement été choqué par ce qu’il perçoit comme une complaisance coupable du PTB à l’égard du "Lider Maximo", Fidel Castro, décédé vendredi dernier. "Quand on voit que les dirigeants du PTB n’ont fait aucune autocritique lors de la mort de Fidel Castro… Au contraire, ils ont dit qu’ils le considéraient comme un homme d’inspiration. Je voudrais rappeler au PTB que l’absence de liberté de la presse à Cuba, la violation des droits de l’homme, la persécution des homosexuels et les pelotons d’exécution, c’est aussi Castro. Entre Raul Castro (frère de Fidel et actuel président cubain, NdlR) et Raoul Hedebouw, il y a plus qu’un prénom en commun, il y a surtout l’idéologie."

"Le PS tend la main aux extrémistes"

D’où l’instauration d’un cordon sanitaire du côté francophone englobant l’extrême droite et le PTB : "Il faut appliquer le cordon sanitaire au PTB, comme on l’applique à l’extrême droite. C’est-à-dire ne jamais former d’alliance avec eux, affirme en effet le chef de groupe MR. Je pensais que le PS avait des principes, mais voilà qu’il tend la main aux extrémistes. C’est très inquiétant. De son côté, le MR s’engage à ne jamais faire de coalition avec Modrikamen. Tous les populismes sont dangereux. Pour le MR, c’est non au PTB et non au Parti populaire."

Tiens, au fait, la N-VA - allié du MR au fédéral - ne fait-elle pas la cour à l’électorat du Vlaams Belang tout comme le PS la fait envers le PTB ? "Tout rapprochement envers les extrêmes politiques est dangereux", juge Denis Ducarme.

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Raoul Hedebouw (PTB) partage plus que le prénom du président cubain, Raul Castro, selon Denis Ducarme.