L'opposition écologiste au parlement bruxellois a "busé" - mais de peu, avec une cote de 45% - l'action du gouvernement régional dirigé depuis deux ans par le ministre-président Rudi Vervoort (PS), critiquant en particulier sa gouvernance et sa politique de mobilité ainsi que l'absence de "leadership" dans le chef de M. Vervoort. "Il est difficile de trouver le leader de Bruxelles, il n'y a pas de vrai ministre-président", a lancé le chef de groupe de Groen au parlement, Bruno De Lille, en dressant devant la presse le bilan du gouvernement Vervoort, rassemblant depuis juillet 2014 le PS, le cdH et DéFI (ex-FDF) du côté francophone, le CD&V, l'Open Vld et le sSp.a du côté flamand.

"Il n'y a pas de capitaine, mais un concierge", a ajouté le député vert, en citant notamment l'"absence" de M. Vervoort lors des attentats qui ont frappé Bruxelles le 22 mars dernier.

"Il y a eu quelques moments intéressants, mais pas assez", a pour sa part déclaré la cheffe de groupe Ecolo, Zoé Genot. Ils (les membres du gouvernement bruxellois) sont en échec, mais ils peuvent passer, avec un petit effort", a-t-elle ajouté pour justifier la cote de 45% que les écologistes ont attribuée à l'équipe de M. Vervoort et qui représente une moyenne de l'évaluation - la seconde après celle de 2015 - portant sur cinq critères (environnement, mobilité, développement urbain, emploi et économie ainsi que gouvernance).

L'image est ainsi contrastée: le gouvernement régional obtient de bons points en matière d'énergie (65%) grâce à une mesure comme le maintien de la norme passive ou sa politique économique, qui bénéficie d'un généreux 70%, grâce notamment aux mesures de soutien aux entreprises décidées après les attentats.

Aux yeux des Verts, il obtient tout juste la moyenne (50%) pour sa politique en matière de qualité de l'air, avec comme bon point la mise en place d'une zone à basse émission sur l'ensemble du territoire de la capitale, mais en point négatif la poursuite d'achats de bus hybrides utilisant encore un moteur diesel.

En terme d'emploi, la cote est de 40% grâce au recul du nombre de jeunes sans emploi, mais grevée par l'absence d'aides pour les exclus et la poursuite des discriminations à l'embauche, un "mal endémique" à Bruxelles selon Mme Genot.

Ecolo et Groen dénoncent aussi la politique bruxelloise en matière de déchets (à laquelle ils accordent un cinglant 20%), tout en saluant l'interdiction des sacs en plastique; de mobilité pour les piétons et cyclistes (35%), les transports en commun (30%) avec une baisse de la vitesse commerciale des trams et bus, et les voitures (25%).

En matière de gouvernance, ils accordent un sévère 15%, en invoquant la disparition de l'opposition dans les organismes d'intérêt public (OIP), la réforme de la fiscalité et les dotations aux communes, le gel du décumul des mandats, et surtout le "manque transparence", que les deux députés ont qualifié de "gros point négatif".

Bruno De Lille et Zoé Genot ont cité en exemples le projet de Stade national sur le plateau du Heysel, expliquant qu'il était difficile d'obtenir des informations fiables sur l'évolution du dossier et ses coûts, et le fonctionnement du parlement bruxellois, trop lent et trop peu démocratique selon eux.