La co-présidente d'Ecolo, Rajae Maouane, a demandé vendredi à la N-VA de mettre un terme à une campagne contre la candidature de la députée écologiste Zakia Khattabi à la Cour constitutionnelle.

Relayée sur les réseaux sociaux par le sénateur Karl Vanlouwe (N-VA), cette campagne choc appelle à "stopper Khattabi" afin d'éviter qu'une "activiste qui fait obstruction à des décisions judiciaires ne soit élue" à la Cour constitutionnelle. Dans le quotidien De Standaard, le nationaliste flamand fait plus précisément référence au fait que Mme Khattabi s'est opposée en 2013 à l'éloignement forcé d'un ressortissant tunisien à bord d'un vol de Tunis Air. Son intervention avait finalement empêché l'expulsion.

Le lancement de cette campagne par la N-VA intervient alors que le Sénat doit en théorie se pencher la semaine prochaine sur la candidature de Zakia Khattabi, qui souhaite succéder à son collègue de parti Jean-Paul Snappe à la Cour.

"La N-VA fait ici le procès public d'une députée démocratiquement élue parce qu'elle est candidate à un poste. Ce parti s'attelle activement à museler une candidate parce que celle-ci a d'autres opinions", a dénoncé Mme Maouane sur Twitter.

"Nous demandons donc le retrait de cette campagne, afin de permettre aux député.e.s qui seront amené.e.s à voter pour cette nomination de le faire sans pression extérieure, et d'ainsi garantir le respect et le bon fonctionnement de nos institutions", a-t-elle ajouté.

Au-delà des rangs des écologistes, la campagne de la N-VA a été dénoncée par plusieurs mandataires. Le chef de groupe du PS à la Chambre, Ahmed Laaouej, a notamment qualifié la méthode des nationalistes flamands d'aussi "violente qu'ignoble".

"Il est grand temps de s'interroger, entre démocrates attachés au respect des autres dans le débat politique, sur la nature de ce parti séparatiste qui - quel comble! - prétend se préoccuper de la constitution belge", a-t-il ajouté.

La Cour constitutionnelle est une juridiction à part dans l'ordre juridique belge. Elle se prononce sur la constitutionnalité des lois votées par les parlements. Elle est composée de six juges professionnels et de six juges qui sont des anciens parlementaires depuis plus de cinq ans, une condition que remplit Mme Khattabi.

Il revient alternativement à la Chambre et au Sénat de présenter au Roi une liste de candidats pour y siéger. Cette liste doit être approuvée à la majorité des deux tiers. Initialement, un vote était prévu le 22 novembre mais a finalement été reporté dans l'attente de la publication au Moniteur belge de la désignation de Yasmine Kherbache (sp.a) comme juge néerlandophone.

Outre cette question procédurale, il apparaît en coulisses que l'ex-co-présidente des Verts francophones ne plaît pas à tout le monde au Sénat. Le Vlaams Belang et la N-VA ne comptent clairement pas la soutenir. Les libéraux francophones et flamands pourraient eux aussi voter contre sa candidature.