On parle beaucoup actuellement de plans de "relance", aussi bien au niveau européen qu'au niveau belge, où chaque parti a commencé à avancer ses recettes pour tenter de remettre l'économie sur les rails tout en limitant la casse sociale. Mais c'est plutôt d'un "redéploiement" dont la Belgique a besoin, a estimé vendredi matin la co-présidente d'Ecolo Rajae Maouane, dans l'émission Matin Première (RTBF). "Une relance signifierait qu'on repart avec les mêmes ingrédients", alors qu'il faut redéployer une économie qui deviendrait "plus résiliente". Les recettes pour ce faire sont d'ailleurs les mêmes que celles avancées pour une société plus durable, souligne-t-elle: la "relocalisation", une économie circulaire, etc. Autrement dit, plutôt que de mettre entre parenthèses les préoccupations écologistes, la crise est justement l'occasion de s'y atteler.

"Les vrais débats vont avoir lieu, sur quelle société on veut", ajoute la Bruxelloise.

Ecolo fait partie des 10 partis qui ont soutenu au parlement l'octroi de pouvoirs spéciaux à l'exécutif minoritaire de Sophie Wilmès. Mais, avant la crise, les Verts francophones s'étaient démarqués par leur refus net d'envisager d'intégrer une coalition avec la N-VA. Maintenant que l'on envisage l'après-pouvoirs spéciaux, les débats sur le prochain gouvernement à former redémarrent, et avec eux la question de l'ouverture de chaque parti à une potentielle alliance avec les nationalistes flamands, premier parti du nord.

Interrogée à ce sujet, Rajae Maouane ne dit pas clairement "non". "Il faut dépasser les clivages politiques, c'est ce que la crise nous a montré de manière générale". Il sera possible de s'en sortir "avec tous les partis ayant envie de donner un avenir au pays, de rétablir une société où chacun a sa place, du nord comme du sud du pays", ajoute-t-elle.