Après le refus du CDH de monter dans une majorité et celui du PTB de poursuivre les négociations en vue de former un gouvernement en Wallonie, seules deux coalitions restent mathématiquement possibles : une bipartite PS-MR ou un arc-en-ciel PS-MR-Ecolo. 

Craignant sans doute pour leur place, les Verts ont proposé ce lundi via un communiqué de presse une autre possibilité : un gouvernement wallon ouvert à la société civile. " Nous avons besoin de responsabilité d'une part, de créativité et d'inventivité d'autre part", explique Jean-Marc Nollet, co-président d'Ecolo.

En résumé, les écologistes proposent la mise en place d'un gouvernement "coquelicot". Comme Jean-Marc Nollet l'explique au Soir, il s'agirait d'un gouvernement PS-Ecolo minoritaire soutenu à l'extérieur par quelques élus de l'opposition et où la société civile serait impliquée. "Concrètement, nous aurions une série de ministres indépendants, issus de la société civile, garants de la réalisation d'une déclaration de politique générale et sociétale", poursuit le principal intéressé dans un communiqué de presse.

"Nous devons travailler autrement et en finir avec l'idée d'un Parlement presse bouton. (...) Nous voulons aller plus loin, en intégrant la participation citoyenne à travers des panels citoyens, des commissions mixtes (moitié de parlementaires, moitié de citoyens), des consultations populaires régionales et même des décrets rédigés et déposés par les citoyens eux-mêmes qui viendraient les défendre au Parlement de Wallonie."

"Une manière de mieux respecter le signal de l'électeur"

Cette proposition des Verts s'adresse "à chaque député : aux communistes, à Défi, et à certains libéraux s'ils sont intéressés". Ils n'oublient pas non plus le CDH qui "pourrait être un acteur central de cette autre manière d'envisager le fonctionnement démocratique en Wallonie."

Cette idée, poursuit Ecolo, pourrait même être appliquée au gouvernement bruxellois.

En proposant ce type de gouvernement, il s'agirait selon le parti écologiste de respecter les "signaux envoyés par les électeurs". "La séquence post-électorale s'est bien trop vite emballée du côté wallon. Les choix qui ont été faits rendent le PS et le MR incontournables. Or, le gouvernement MR-CDH sortant a lourdement été sanctionné. Les électeurs ont clairement dit vouloir un nouveau cap centré sur l'écologie et la solidarité", peut-on lire dans le communiqué. "On peut parler d'un véritable décrochage démocratique quand plus d'un demi million de Wallons ne se sont pas déplacés, ont voté blanc ou nul. C'est la première fois qu'on dépasse cette barre du demi million, on ne peut pas simplement le constater sans changer la manière de faire de la politique", conclut Jean-Marc Nollet.