Politique belge

La Fédération Wallonie-Bruxelles, le nouveau patronyme de la Communauté française, suscite quelques agacements, en Flandre, mais aussi auprès des régionalistes purs et durs que l’on croise à Bruxelles et en Wallonie. Ce changement, pour l’instant sémantique, nous paraît toutefois opportun, légitime et ambitieux. Opportun ? Reconnaissons que l’ancien vocable "Communauté française" a toujours été ambigu, jusque dans l’esprit de François Mitterrand qui, dînant aux côtés de Valmy Féaux, l’ancien président de la Communauté française, pensait côtoyer le président de l’association des Français résidant en Belgique.

Légitime? Face à la volonté politique flamande de décentralisation massive de nouvelles compétences, allant, selon les programmes des partis comme la N-VA ou le Belang, jusqu’à l’indépendance de la Flandre, il est logique, voire rassurant, que le monde politique francophone cherche à recomposer l’espace politique en vue de mettre en place une architecture institutionnelle cohérente, efficace, capable de relever les immenses défis de demain. La N-VA, dont on connaît l’humour, juge qu’il s’agit d’une démarche séparatiste. Gonflés, les gars...

Ambitieux ? Ce rapprochement n’implique nullement une rupture avec la Flandre : la Communauté flamande pourra évidemment continuer à exercer ses compétences sur Bruxelles. Ce rapprochement Wallonie-Bruxelles ne limitera pas non plus la vocation internationale de Bruxelles. Bien au contraire.

Le projet Wallonie-Bruxelles est donc tout sauf un repli. Il doit être ambitieux, international et ouvert à la Flandre.