Faut-il encore consacrer tant de temps, de salive et d’encre aux contorsions politiques de ces derniers jours ? Comment ne pas rire ou pleurer à la vue du bac à sable dans lequel le CD&V a entraîné, ces derniers jours, l’ensemble de la classe politique ? Un non qui voulait dire oui. Un oui qui cache un non D’accord, il faut tout faire pour tenter d’arrimer les démocrates chrétiens flamands aux 7 autres partis qui ont la volonté d’en sortir. Mais les petits jeux minables auxquels se prête le CD&V, posant des exigences avant d’entrer en négociation, puis tordant la proposition d’Elio Di Rupo en lui faisant dire ce qu’elle ne contient pas, ces petits jeux-là sont indignes. Le CD&V finira dans le ventre de la N-VA : ce sera bientôt une fusion par absorption. Quelle triste fin. Quel triste spectacle.

En revanche, quel soulagement d’avoir entendu, lu et surtout vu le Roi prononcer un discours avec tant de fermeté, de clairvoyance et d’impatience. Usant très opportunément de sa faculté de mise en garde, Albert II a dit tout haut, avec une rare conviction, ce que l’immense majorité de Belges pense : ça suffit ! Que les hommes et les femmes politiques trouvent un accord rapide et équilibré. Le vrai courage est là.

L’audace doit être partagée. Les francophones doivent oser cette grande réforme. Le CD&V doit cesser son cinéma, ses caprices et retrouver une ligne politique propre, distincte des populistes qui utilisent sans cesse le rejet de l’autre, le repli sur soi. Saisiront-ils ensemble cette ultime opportunité de trouver un nouveau point d’équilibre et de cohérence ?