La note de notre pays a été dégradée. La Belgique est désormais sur la pente glissante : elle s’éloigne des bons élèves et se rapproche des plus mauvais de la classe.

On peut relativiser l’avertissement. D’autres pays ont subi le même sort et, même après cette dégradation, la note belge reste solide. Notre endettement est stabilisé sous la barre des 100 % du Produit intérieur brut - il serait beaucoup plus bas sans l’intervention de l’Etat dans la crise bancaire. De plus, le taux d’épargne reste très important : les Belges l’ont encore démontré en souscrivant massivement aux derniers bons d’Etat.

N’empêche : cet avertissement rend plus urgente encore la confection d’un budget 2012 crédible. Un budget crédible, cela veut dire qui présente un déficit maximum de 2,8 % et qui contient un ensemble de mesures structurelles. Sans doute faut-il éviter d’imposer une austérité aveugle et brutale qui serait contre-productive car elle freinerait la consommation et handicaperait la relance. Il faut des efforts justes et équilibrés. Mais il faut oser assainir en profondeur, couper, tailler partout où c’est possible. En matière de chômage, d’indexation et de mise à la retraite, nos systèmes, conçus en période de gloire, doivent être amendés.

Les négociateurs ont repris vendredi soir leur travail. Personne ne comprendrait que, pour des raisons partisanes, ils échouent à nouveau. Oui, la tâche est incroyablement compliquée. Mais les hésitations des derniers jours ont coûté une fortune à l’Etat et donc aux citoyens belges. Concluez, maintenant. Il y va du bien-être des Belges voire de la survie de l’Etat.