On l’attendait sur le redressement économique et la relance, sur l’assainissement budgétaire ou la stabilité du pays Eh bien non, c’est la sécurité et en particulier la lutte contre l’impunité qui désormais constitue, aux yeux du Premier ministre, LA priorité absolue du gouvernement fédéral. Le Premier s’attaque aussi au système bancaire : le registre est plus classique et les moyens d’actions plus incertains. Trois réflexions.

1. Trop longtemps, une partie de la classe politique a délaissé le thème de la sécurité. Croyant à tort qu’investir dans la sécurité et la justice, c’est nécessairement tomber dans une démarche sécuritaire, beaucoup de gouvernements ont négligé ces départements : les petites incivilités se sont développées, les parquets ont été encombrés et l’arriéré judiciaire a explosé. Il faut agir. Il ne s’agit pas de "fliquer la société", mais bien d’assurer la sécurité, une des premières libertés démocratiques.

2. Encore faut-il que cette préoccupation soit constante et ne soit pas remise à l’avant-plan uniquement lors d’un fait divers ou d’un fait de Justice ou alors en période électorale. Car très vite, alors, le débat dérape. On a vu, à l’occasion de la libération conditionnelle de Michele Martin, que les excès de langage et les dérives populistes ne sont jamais loin.

3. Désormais, il n’y a plus de thème "réservé". Avant, la droite classique s’attribuait la sécurité et la gauche, la solidarité. A présent la gauche s’aventure sur des thèmes d’autorité tandis que la droite se préoccupe du "cœur" et condamne les dérives du capitalisme et de la finance.

Reste à vérifier la sincérité de chacun des engagements