Notre baromètre a livré son verdict. Tirons-en trois réflexions.

1. Précaution d’usage. Ce baromètre est une photographie de l’opinion publique, un instantané. Ni plus, ni moins.

2. Les résultats sont particulièrement durs pour le PS et le CDH, les deux partis francophones associés, plus que d’autres, aux négociations. L’électeur traduit ainsi son impatience, alors que du côté flamand, la N-VA sort renforcée. Verdict injuste, sans doute, car PS et CDH subissent le blocage plus qu’ils ne le provoquent. Tous deux ont alimenté la négociation pendant que la N-VA se préoccupait surtout de musculation et de médiatisation.

3. Même injuste, ce verdict est là et il devrait entraîner une réflexion. Au PS, où, malgré la très grande implication de ses dirigeants, on peut avoir le sentiment que depuis le mois de septembre, le parti n’a plus réellement pris des risques pour que la négociation aboutisse. On sait bien que tant que les partis flamands ne bougent pas, avec ou sans la N-VA, aucun accord ne sera possible. Mais cette évidence n’est pas bien perçue par les électeurs francophones.

Le CDH, lui, ne pourra faire l’économie d’un débat, serein mais rapide, sur l’orientation et la communication du parti. Joëlle Milquet, dont pourtant la popularité progresse encore, ne parvient pas à limiter la casse pour son parti. Son travail de fourmi, au profit de l’intérêt général, se fait au détriment de son parti. Il faut donc évoluer. Ou changer. Où est la relève tant attendue? Qu’attend Benoît Lutgen pour prendre place aux côtés de Joëlle Milquet et Melchior Wathelet ? N’est-il pas temps, pour lui, de se montrer et de montrer de quoi il est capable ?