Fallait-il réellement qu’Yves Leterme, notre toujours Premier ministre en affaires courantes, enfile les habits du parfait VRP pour faire personnellement la promotion de la nouvelle émission des emprunts d’Etat ? La question mérite d’être posée même si l’opération - prévue de longue date - semble déjà être un beau succès, en dépit de certaines critiques sur l’attractivité réelle de ce placement "made in Belgium". On l’a dit, la situation du pays est grave sur fond de blocage politique et d’envolée des taux à 10 ans, signe de la méfiance croissante des marchés financiers envers la maison Belgique.

L’intention du Premier était louable : mobiliser davantage l’épargne des Belges et "nationaliser" une part croissante de notre dette. Mais dans ce contexte de crise si particulier où la perception balaie vite la réalité, la stratégie de surexposition médiatique de Leterme est à double tranchant. "Le gouvernement appelle la population à l’aide", titrait d’ailleurs ce jeudi une dépêche de l’AFP, donnant à l’étranger l’image d’un pays exsangue, désespéré.

On fait mieux pour rassurer Car la confiance, cela ne se décrète pas à coups d’opérations de com. Elle se gagnera par des actes courageux, des engagements clairs ou des réformes en profondeur. Le gouvernement en affaires courantes fait ce qu’il peut pour amortir le choc, en prenant dans l’urgence une série de mesures budgétaires. C’est son rôle. Mais à défaut d’un "vrai" gouvernement et d’une perspective pour ce pays, rien ne brisera durablement la spirale de la méfiance.