Faut-il ou non assouplir le calendrier de l’assainissement budgétaire ? La réponse, nous semble-t-il, est trois fois non.

1. Il est vrai que la Belgique n’est pas la plus mal lotie, quand on compare les performances budgétaires belges avec celles des pays européens. En examinant les comptes de plus près, on voit bien que tout est relatif : notre déficit est tout juste sous la barre des 3 % (et cela sans compter l’opération Dexia). De plus, notre pays traîne toujours une gigantesque dette qui cumule à 100 % du Produit intérieur brut.

2. Avant la reprise en mains des finances publiques par le gouvernement, notre pays empruntait à des taux d’intérêt prohibitifs, l’écart des taux avec l’Allemagne était absolument impayable. Depuis que Di Rupo Ier a réduit le déficit, les taux ont plongé. Et en 2013, la Belgique dépensera 1 milliard de moins que l’année précédente grâce à cette baisse des taux que nous devons à la rigueur et la confiance des marchés. Tout signal allant dans un sens opposé, tout ralentissement coûterait plus cher en mesures douloureuses que le maintien de l’actuelle trajectoire.

3. Il est une autre difficulté que la Belgique devra affronter, bientôt : le coût du vieillissement de la population. L’arrivée à la retraite des enfants du babyboom fera exploser les dépenses de retraites et de santé. Le fonds pour le vieillissement n’a plus été alimenté depuis des années. Sans finances publiques saines, il faudrait faire payer ce coût par les jeunes générations, dont le travail est et sera trop lourdement taxé.

Ce qu’il aurait fallu faire, c’est assainir à contre-cycle, quand tout allait bien. Mais début 2000, on a joué les cigales. A présent, le mainten de la rigueur s’impose car les déficits d’aujourd’hui contiennent déjà les sacrifices de demain.