Les grilles du palais sont rouvertes. Le bal des présidents de parti a recommencé, lundi, au lendemain des élections. Comme tous les lundis matin, le Roi a reçu le Premier ministre en audience, à 11 h 30. À l’issue de l’entretien, il "a chargé le gouvernement de la poursuite de la gestion des affaires courantes", selon un communiqué du Palais. Qui ajoutait que Philippe entamait ses consultations politiques en vue de la formation du prochain gouvernement fédéral.

Il a d’abord reçu les présidents sortants du Sénat et de la Chambre, Jacques Brotchi (MR) et Siegfried Bracke (N-VA). Ensuite les présidents des deux plus grands partis : le N-VA Bart De Wever, puis le PS Elio Di Rupo. Les consultations reprendront ce mardi matin avec les verts. Écolo, à 9 h 30, avec Jean-Marc Nollet et Zakia Khattabi, puis Groen, à 10 h 30, avec Meyrem Almaci. La suite de l’agenda n’est pas encore connue.

Ce serait une première au palais

Une question reste en suspens : le Roi va-t-il inviter le Vlaams Belang (VB) ? Le cordon sanitaire qui entoure l’extrême droite a toujours été respecté par le Palais. Jamais un président d’une telle formation n’a été reçu en audience par le chef de l’État. Sauf que le Belang a réalisé, dimanche, un score historique avec 18,5 % des suffrages recueillis au nord du pays. Philippe peut-il, en quelque sorte, se permettre de contourner près d’un électeur flamand sur cinq ? Va-t-il dès lors recevoir le président du VB, Tom Van Grieken ? Lundi, le Palais refusait de répondre à la question. Preuve, sans doute, qu’elle n’est pas tranchée.

Quoi qu’il en soit, lorsque le Roi aura terminé ses consultations, mercredi au plus tôt, il désignera un informateur chargé de dégager une majorité potentielle. En 2014, il avait nommé Bart De Wever dans cette fonction en tant que grand vainqueur des élections. Cinq ans plus tard, la N-VA, même affaiblie, reste la première force politique à la Chambre. Le nationaliste a donc de bonnes chances de rempiler.