Premier ministre et bourgmestre, le défi d'Elio Di Rupo

Un Premier ministre en exercice qui se lance dans un scrutin communal. Avec l'ambition d'être élu bourgmestre! L'affaire n'est pas banale. Du jamais vu même, selon certains. Et c'est à Mons que cela se passe, la ville où Elio Di Rupo débuta sa carrière politique à l'occasion des élections communales de 1982.

Trente ans plus tard, désormais parvenu au sommet de sa carrière politique, l'homme au nœud papillon brigue un troisième mandat de bourgmestre. Avec un objectif: conserver la main au long d'une législature ô combien cruciale, avec notamment Mons 2015, année où la ville sera capitale européenne de la culture. Bigre!

Après leurs 61,35% réalisés en 2000, les socialistes montois étaient lestement retombés à 51,55% en 2006. Cette majorité absolue n'avait toutefois pas empêché le PS de s'allier aux libéraux en 2000, en leur laissant un poste d'échevin: celui des Finances et du Budget.

Cette prochaine élection à Mons sera aussi l'occasion pour Elio Di Rupo de mesurer sa cote de popularité, dix mois après sa longue et difficile accession au Seize rue de la Loi.

En 2006, le président du PS avait littéralement écrasé la concurrence avec ses 13.390 voix de préférence, soit l'appui d'un votant sur quatre environ! Désormais Premier ministre, il devrait tirer un plus grand profit encore de sa nouvelle fonction. Et qu'importe si celle-ci l'empêche de facto de siéger au collègue communal...

A en croire certains, Elio Di Rupo aurait d'ailleurs déjà choisi sa future doublure en la personne du jeune échevin sortant du Développement économique, son poulain Nicolas Martin, qui succéderait ainsi au bourgmestre ff actuel, Marc Barvais.

Face au rouleau-compresseur Elio Di Rupo, les autres formations politiques montoises ont, elles, fait le pari de la jeunesse.

Les figures de proue tant MR, cdH qu'Ecolo ont 35 ans tout au plus, voire nettement moins à l'instar du réformateur Georges-Louis Bouchez, âgé de 26 ans. Dynamique mais dépourvu d'expérience politique, ce dernier espère faire aussi bien, sinon mieux que le MR mené par Richard Miller en 2006, soit 16,5% des voix.

Son but: rester dans la majorité et démentir ainsi la rumeur qui prédit un débarquement prochain du MR à Mons.

"Pourquoi sortirions-nous de cette majorité? Le MR y a-t-il fait du mauvais travail? ", interroge M. Bouchez.

Le cdH, lui, attend manifestement son heure. Les humanistes (11,72% en 2006) espèrent profiter pleinement du renouveau sur la liste MR pour lui ravir la deuxième marche du podium. Et monter ainsi dans la future majorité.

Quelle qu'elle soit, celle-ci ne manquera en tout cas pas de pain sur la planche, avec le sacre de Mons comme capitale européenne de la culture en 2015. Outre les activités culturelles programmées (que certains jugent trop élitistes, pas assez populaires), l'événement donnera aussi lieu à un important réaménagement urbain, avec notamment la construction controversée d'une nouvelle gare-passerelle dessinée par Santiago Calatrava ou l'érection d'un centre de congrès dernier cri.

Certains s'interrogent toutefois sur le bénéfice à long terme que la ville retirera de l'événement, lorsque les artistes seront partis et les projecteurs éteints.

"L'après-Mons 2015 laisse beaucoup de questions en suspens", juge notamment la députée wallonne Savine Moucheron, tête de liste cdH.

"Di Rupo a fait bouger Mons grâce à sa position de président de parti. Mais c'est beaucoup dans l'image, et peu dans le contenu pour répondre aux problèmes des Montois au quotidien".

Or, ceux-ci sont nombreux selon l'étude publiée en juin dernier par Test-Achats sur la qualité de vie dans les principales villes du pays. Mons s'y classait nettement en queue de peloton.

Principaux griefs: la mobilité, le manque de parking, la criminalité et le vandalisme, le chômage, et la propreté publique aussi, un problème manifestement endémique dans la cité du Doudou.

Signe de cette faible attractivité: la population montoise stagne toujours autour des 93.000 âmes. Loin encore du seuil symbolique des 100.000 habitants visé par les autorités de la Ville...

Quelle sera la hauteur de la vague qui portera Demotte à Tournai?

Le 14 octobre, Tournai se choisira un nouveau bourgmestre. Rudy Demotte (PS) semble assuré de l'emporter. Les questions qui demeurent portent plutôt sur l'ampleur de son score et le nom de son remplaçant tant qu'il sera ministre-président des gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le 7 janvier 2010, Rudy Demotte a annoncé qu'il quittait Flobecq, dont il était le bourgmestre en titre, pour déménager quelques kilomètres plus loin, à Tournai.

Celui qui est devenu l'homme fort du PS en Wallonie picarde compléterait ainsi son assise locale en y ajoutant la première ville de la région et l'une des premières de Wallonie.

L'annonce n'a pas fait que des heureux dans les rangs socialistes, le bourgmestre actuel, Christian Massy, et surtout son rival, Paul-Olivier Delannois, alors président de l'USC, n'ont pas vu d'un bon oeil l'arrivée de celui qui, d'emblée, est considéré comme le futur maïeur de la Cité des cinq clochers.

Si la prise de contrôle de Rudy Demotte n'a pas mis pas un terme aux dissensions, elle a donné au moins un vrai patron au PS tournaisien. En avril 2010, le ministre-président a d'ailleurs été élu président de l'USC de Tournai en remplacement de Paul-Olivier Delannois qui a rejoint le collège communal.

En septembre 2011, un dossier judiciaire a eu raison des espoirs de Christian Massy. Le bourgmestre est reconnu coupable de faux et usage de faux dans l'affaire Singa, du nom d'un ancien joueur congolais du RFC Tournai dont il a couvert la délivrance d'un faux certificat d'inscription au registre des étrangers. Il a conservé son mandat mais a perdu des compétences et annoncé qu'il ne se représenterait pas.

Au mois de juin de cette année, le PS a finalisé sa liste pour les communales. Sans surprise, elle est emmenée par Rudy Demotte suivi de Rita Leclercq, présidente du CPAS, Paul-Olivier Delannois, premier échevin, Ludivine Dedonder, échevine, et Philippe Robert, échevin.

MM. Delannois et Robert devraient se disputer le poste de bourgmestre faisant fonction à moins, selon les observateurs locaux, que Ludivine Dedonder ne vienne jouer les trouble-fête.

Le score personnel de Rudy Demotte sera également observé avec intérêt, particulièrement son écart avec certains faiseurs de voix, à commencer par Paul-Olivier Delannois.

Les 8.000 voix recueillies en 2009 dans le canton de Tournai plaident en sa faveur et lui permettraient même d'égaler ou de dépasser le champion de la ville, le défunt bourgmestre Roger Delcroix qui avait recueilli 7.500 voix de préférence lors des élections communales de 1994.

L'autre question qui se posera est celle de l'alliance qui sera privilégiée. En 2000, le PS avait choisi de diriger Tournai avec le cdH et relégué le MR dans l'opposition. La dernière de la liste des Réformateurs, Marie-Christine Marghem, avait pourtant réalisé le premier score de la ville en récoltant 4.840 voix de préférence contre 4.500 pour Christian Massy.

Le MR pourrait profiter du scrutin pour revenir au pouvoir, en dépit de ses divisions. Quatre élus, dont l'ex-tête de liste Marie-Hélène Crombé, ont choisi de présenter une liste dissidente de la liste conduite par Marie-Christine Marghem.

Le PS détient 19 sièges au conseil communal, le MR 10, le cdH 7 et Ecolo 4.

quelle majorité autour d'un Willy Demeyer?

Le bourgmestre de Liège Willy Demeyer (PS), en poste depuis 1999 dans la cité ardente, ne semble pas devoir être inquiété. Les spéculations vont cependant bon train quant à la constitution de la future majorité qui pourrait émerger au lendemain du scrutin.

La majorité sortante PS-cdH s'est targuée dans son bilan d'avoir pu assainir les finances publiques de la Ville et stabilisé les additionnels alors que le nombre d'emplois a augmenté durant la législature.

Ce bon bilan n'entraînera cependant pas une reconduction automatique de l'actuelle alliance. La confrontation des programmes et les résultats électoraux du 14 octobre seront autant d'éléments qui seront pris en compte.

Le départ pour Uccle, en Région bruxelloise, de l'ex-président du MR Didier Reynders, "meilleur ennemi" des socialistes liégeois pourrait changer la donne. Lors des élections de 2006, Willy Demeyer (19.000 voix) l'avait emporté sur son principal concurrent (17.250). Cependant, l'écart en sièges s'était réduit entre les deux formations ayant gagné les élections (21 sièges pour le PS, +1, et 14 pour le MR, +3), le cdH reculant nettement (7 sièges, -3). Le PS avait malgré tout choisi de poursuivre l'aventure avec les centristes.

Tête de liste MR, la sénatrice de Communauté Christine Defraigne - 6.417 voix comme tête de liste sur le canton de Liège aux régionales de 2009 - espère favoriser l'entrée de sa formation au Collège. Dénonçant le "mauvais bilan" de la majorité sortante, elle fustige notamment la taxation trop élevée des commerçants dans une campagne intitulée "Liège, autrement! ".

Du côté cdH, on fourbit ses armes face à cette menace en défendant aux côtés des socialistes des "indicateurs stratégiques en progrès" dans le cadre du redéploiement de la Ville. Tête de liste, le premier échevin Michel Firket pourra notamment compter sur l'arrivée de la députée européenne Anne Delvaux qui s'est installée dans sa ville natale.

Dans l'opposition, du côté d'Ecolo (6 sièges), en recul de 2 sièges en 2006, la chef de groupe Bénédicte Heindrichs sera tête de liste avec un programme défendant une meilleure qualité de vie, une plus grande participation citoyenne et une politique de mobilité qui dépasse le choix du tram, l'un des dossiers emblématiques de la législature écoulée.

Lié à la candidature de la ville à l'organisation de l'Exposition 2017 censée contribuer au redéploiement économique liégeois, ce projet de tram a animé la vie politique locale aux côtés d'autres dossiers comme la saga du Centre sportif de haut niveau que Liège souhaitait abriter et qui déboucha finalement sur un report, la concurrente Louvain-la-Neuve, dans le Brabant wallon, étant retenue pour la construction d'un Hall sportif indoor.

L'impact de la fermeture, confirmée fin juillet par le sidérurgiste ArcelorMittal, de la phase à chaud qui conduira à la suppression de près de 800 emplois, continuera immanquablement à mobiliser les forces politiques locales. Chargé du dossier au gouvernement wallon, le ministre de l'Economie Jean-Claude Marcourt poussera la liste PS aux communales.

Pour les socialistes, l'un des enjeux sera d'éviter un éparpillement de voix à gauche. Dans le collimateur des petites formations de gauche, le parti doit gérer l'image du gouvernement Di Rupo dont la prise de responsabilité est assimilée par d'aucuns à un renoncement de ses valeurs.

Le PTB a choisi d'aller en campagne avec comme slogan un "Désolé Willy, cette fois-ci je vote à gauche", en clin d'oeil au bourgmestre Demeyer. Son porte-parole Raoul Hedebouw est tête de liste à Liège. Le PTB espère avoir un siège. Il avait obtenu 1,45% des voix en 2006.

Enfin, les Liégeois auront, dans le choix des listes qui s'offrent à eux, la possibilité de voter pour Vega (Verts et à Gauche), une "coopérative", qui défend un programme écologique et socialiste pour la Ville.

Parmi les originalités de ce programme, on retrouve l'idée d'installer des "Cannabis social clubs" sur le modèle développé par l'association anversoise "Trekt uw plant". Celui-ci consiste en la mise en place de plantations collectives de cannabis destinées à la consommation personnelle des planteurs.

L'ancien président de la FEF François Schreuer, militant dans le secteur de l'urbanisme et de la mobilité, tire la liste Vega sur laquelle figurent notamment le moine capucin Germain Dufour, ancien parlementaire Ecolo, et Pierre Eyben, ex-porte-parole du parti communiste.

A Charleroi, le PS vise une majorité absolue mais ouverte

Affaibli à l'issue du scrutin de 2006 par les affaires politico-judiciaires, le Parti socialiste du ministre fédéral Paul Magnette et du bourgmestre Eric Massin cherchera le 14 octobre prochain à retrouver dans les urnes carolorégiennes la majorité absolue de l'ère Van Cauwenberghe, en veillant toutefois à l'ouvrir à d'autres formations.

Mais les trois autres partis traditionnels sont bien décidés à tirer profit de leur visibilité acquise sur cette dernière mandature du fait de leur présence au collège communal (MR et cdH) ou du monopole d'unique parti démocratique d'envergure dans l'opposition (Ecolo).

Finances communales et plan de gestion, administration, taux de chômage, redynamisation du centre urbain et image de la ville, sécurité, mobilité (sortie sud), infrastructures sportives, ou encore des projets d'envergure comme la Cité des métiers: les dossiers complexes ne manquent pas.

Le MR mise sur son ministre fédéral Olivier Chastel, qui avait entamé son ascension politique en bondissant sur les scandales de 2005 (Carolorégienne, ICDI, etc). Il avait récolté plus de 17.000 voix de préférence (à quelques centaines de voix du champion PS Jacques Van Gompel, bourgmestre entre-temps condamné en justice).

Privés de leur vétéran et ancien ministre Etienne Knoops, qui a raccroché à l'âge de 78 ans, les bleus alignent notamment l'échevine Ornella Cencig, le chef de groupe Philippe Sonnet et l'échevin Cyprien Devillers pour tenter de confirmer leur bond en avant de 2006 (+8,49 pc, soit +6 sièges, à 14 sièges). La chute socialiste de 2006 (-12,94 pc, soit -7 sièges, à 23 sièges) avait aussi bénéficié au cdH (+1,79 pc, soit +2 sièges, à 6 sièges).

Les humanistes ont marqué leurs ambitions dans la métropole sambrienne sur de gigantesques affiches, qui contrastent avec l'image d'un Jean-Jacques Viseur parti malade et fatigué de la gestion d'une tripartite parcourue de tensions. L'ancien ministre des Finances, qui a assumé le mayorat à la suite d'un accord politique consécutif à la démission de Léon Casaert (PS) en 2007, avait rendu en février dernier son écharpe mayorale.

A charge pour la députée fédérale Véronique Salvi, récente échevine après onze ans de conseil communal, de conforter avec un autre trentenaire, l'échevin Antoine Tanzilli, la visibilité acquise par les humanistes.

Depuis l'opposition, Ecolo aura tout à gagner le 14 octobre. En 2006, les Verts n'avaient pu capitaliser sur la chute du PS, enregistrant une baisse de 3,26 pc, soit -2 sièges, à 4 sièges, après leur forte progression de 2000.

Leur liste, emmenée cette année par Luc Parmentier et poussée par les deux députés régionaux Isabelle Meerhaeghe et Xavier Desgain, vise une participation à la prochaine majorité, en doublant le nombre de ses représentants. Comme c'est le cas depuis 2000, elle compte des candidats du Parti communiste.

Les Verts pourraient-ils bénéficier de l'annonce par le leader du PS carolo Paul Magnette que même en cas de majorité absolue des socialistes, une ouverture à un partenaire sera proposée ?

La réponse devrait se trouver dans les mains du ministre fédéral à l'issue du scrutin. A la tête d'une liste de compromis antre "anciens" et "nouveaux", Paul Magnette veut s'affirmer définitivement le 14 octobre à Charleroi, à l'occasion de son premier scrutin local.

Sa récente annonce qu'il quitterait le gouvernement fédéral début décembre s'il obtenait suffisamment de voix pour devenir bourgmestre clarifie la situation. L'homme aura notamment dû gérer le conflit interne qui a opposé Eric Massin à Paul Ficheroulle l'hiver dernier dans la course au mayorat, composer avec le départ de ce dernier et de l'échevine Ingrid Colicis ainsi qu'avec l'influence toujours réelle de Jean-Claude Van Cauwenberghe.

Au final, la présomption d'innocence permet à cinq inculpés de figurer parmi les 51 candidats PS, avec pour consigne la démission en cas de condamnation. Les Carolos seront également attentifs au destin des quatre sièges conquis par le FN, désormais disséminé, une conseillère d'extrême droite ayant d'ailleurs quitté le parti pour siéger comme indépendante.

Anvers, le théâtre du duel le plus suivi du pays: Janssens contre De Wever

S'il est une élection locale qui va attirer tous les regards, c'est bien celle d'Anvers. Le bougmestre sortant Patrick Janssens (sp.a) y est opposé à l'homme politique le plus populaire de Flandre: le président de la N-VA, Bart De Wever. La ville portuaire, la plus grande de Flandre, est une habituée des chocs électoraux.

En 2006, Patrick Janssens y fut opposé au chef de file du Vlaams Belang local, Filip Dewinter.

Le socialiste l'avait nettement emporté, le sp.a devenant par la même occasion le plus grand parti d'Anvers, loin devant l'Open Vld, le cartel CD&V/N-VA et Groen.

Six ans plus tard, la donne a toutefois changé avec le phénomène Bart De Wever, tête de liste N-VA et candidat bourgmestre affiché.

Pour Patrick Janssens, la partie s'annonce dès lors très serrée. Les chances de voir les deux hommes former une coalition après le 14 octobre sont d'ailleurs bien réelles.

S'il remportait les élections, Bart De Wever deviendrait alors le premier nationaliste flamand à enfiler l'écharpe maïorale à Anvers. Une fonction qu'il dit vouloir exercer durant toute la législature. Mais avec une petite réserve.

L'homme sera à coup sûr président de parti jusque 2014, année où se dérouleront des élections législatives, régionales et européennes. Un scrutin multiple que la N-VA a bien l'intention de gagner. Et dans ce cas, une fonction exécutive importante pourrait alors se présenter à lui, ce qui le contraindrait à céder son siège de bourgmestre.

Confronté à l'homme le plus populaire de Flandre, Patrick Janssens assure urbi et orbi n'avoir aucune crainte. Il escompte même réitérer le résultat de 2006, lorsque le sp.a avait atteint 35%.

Pour convaincre ses électeurs, le bourgmestre sortant met son bilan en avant: "Celui qui veut savoir ce que je vais faire les six années à venir n'a qu'à regarder ce que j'ai fait ces six dernières années...", fait-il valoir.

Si le scrutin anversois se résumera à un duel Janssens-De Wever, il conviendra toutefois de garder un oeil sur un troisième homme: Filip Dewinter.

Même s'il perdra à coup sûr des plumes au profit de la N-VA le 14 octobre prochain, l'homme espère bien conserver suffisamment de voix pour jouer un rôle décisif lors de l'après-élection.

Un résultat relativement élevé pour le Vlaams Belang pourrait mettre Bart De Wever en difficultés devant une partie de son électorat.

L'intéressé devrait en effet justifier pourquoi il n'installe pas enfin une majorité de droite à la Ville, renvoyant ainsi les socialistes dans l'opposition après 80 années passées au pouvoir...

L'Open Vld espère de son côté faire de ce scrutin le début d'une nouvelle ère. En déclin, les libéraux anversois ont vu leurs deux échevins passer à la N-VA. Dans le but d'inverser la vapeur et de relancer les libéraux, la ministre de la Justice Annemie Turtelboom a emménagé à Anvers. Celle-ci a élaboré une liste renouvelée, avec notamment le chef de la police locale Eddy Baelemans et une directrice d'athénée, Karin Heremans. Mais les derniers sondages ne lui sont guère favorables.

Les écologistes de Groen ont eux aussi mis le paquet à Anvers, avec la chef de groupe à la Chambre Meyrem Almaci comme tête de liste, et le président de parti Wouter Van Besien en deuxième place. Ils pourraient bien priver la liste de Patrick Janssens de plusieurs voix.

Cette bataille pour le vote de gauche sera également attisée par plusieurs petites listes, dont celle du Parti des Travailleurs de Belgique (PVDA). Celle-ci est menée par le président du parti, Peter Mertens, auteur d'un récent livre sur la crise "Hoe Durven Ze? " (Comment osent-ils? ) qui a connu un succès aussi joli qu'inattendu en librairie.

L'Empereur d'Ostende veut toujours séduire la Reine des plages

En Flandre, quand on évoque Ostende, tout le monde pense Vande Lanotte. Et inversement. Surtout depuis la publication par deux journalistes de la VRT de "De Keizer van Oostende" (l'Empereur d'Ostende, ndlr), un livre mettant à nu les pratiques du ministre de l'Economie dans son bastion électoral.

L'enjeu du prochain scrutin dans la cité balnéaire peut dès lors se résumer à une question: le sp.a de Vande Lanotte y conservera-t-il sa suprématie malgré les remous provoqués par la publication de cet ouvrage polémique?

En 2006, les socialistes flamands emmenés par l'intéressé avaient clairement remporté les communales, recueillant pas moins de 45,67% des voix, un résultat lui garantissant la majorité en sièges.

Malgré ce succès, le bourgmestre sp.a Jean Vandecasteele avait à nouveau ouvert sa majorité au cartel CD&V/N-VA ainsi qu'à l'Open Vld en leur offrant chacun un des huit échevinats. Il poursuivait ainsi une pratique entamée il y a plusieurs années déjà.

Mais six ans plus tard, le paysage politique ostendais a quelque peu changé. La N-VA ne s'y présente plus en tandem avec les chrétiens démocrates, mais seule. Et son résultat sera particulièrement suivi.

Même s'il s'agissait d'un tout autre enjeu, lors des élections fédérales de 2010, la N-VA avait récolté plus de 23% des suffrages dans le canton d'Ostende, contre un peu moins de 20% pour le sp.a.

Depuis cette performance, les nationalistes flamands d'Ostende ont toutefois perdu leur n°2, si bien que la N-VA n'y présente aucune figure pour jouer d'égal à égale avec Johan Vande Lanotte ou John Crombez pour le sp.a, Wouter De Vriendt pour Groen ou Bart Tommelein pour l'Open Vld.

Ce dernier, qui siège dans la majorité sortante, a déjà fait savoir qu'il ne souhaitait pas poursuivre la coalition actuelle sous cette forme. Partenaire numériquement le plus petit de la majorité, les libéraux n'ont en effet pas vraiment pu imprimer leur marque ces six dernières années.

Ce désir de changement a également été formulé à gauche. Johan Vande Lanotte, qui pousse la liste sp.a, a confié il y a peu qu'il avait approché Groen pour se présenter ensemble devant l'électeur.

La tête de liste Groen, Wouter De Vriendt, avait alors poliment refusé ce "stratego politique", mais sans exclure une coalition progressiste après le 14 octobre...

Dernière inconnue: où iront les 12,6% des voix récoltés en 2006 par Jean-Marie Dedecker et sa liste LDD, aujourd'hui disparue.

Depuis le départ de l'ensemble (! ) de la section LDD d'Ostende vers l'Open Vld, ainsi que quelques problèmes personnels, l'ancien coach de judo a préféré quitter la Reine des plages pour sa voisine de Middelkerke, où il espère enlever rien de moins que l'écharpe maïorale...

A Gand, Siegfried Bracke se tient en embuscade

Le scrutin du 14 octobre marquera à Gand la fin de 24 années de gestion "violette" (PS-VLD), les socialistes ayant décidé de se mettre en cartel avec Groen, mais la cité du sage Jacob van Artevelde sera attentive au score du député N-VA et ancien journaliste de la VRT Siegfried Bracke.

L'alliance des socialistes et des écologistes est restée en travers de la gorge de l'échevin Mathias De Clercq (Open Vld), petit-fils du ministre d'État Willy De Clercq, malgré la volonté affirmée du bourgmestre Daniël Termont (sp.a) de continuer à gouverner avec les libéraux.

Le bourgmestre sortant devra aussi s'interroger sur la force de son partenaire de cartel, maintenant que l'ancienne ministre flamande Vera Dua (Groen) a cédé la première place de son parti à la jeune Elke Decruyenaere (31 ans). Siegfried Bracke, pour sa part, se tient en embuscade. Il dépeint le scrutin gantois comme un duel entre la gauche (cartel sp.a/Groen) et la droite (le reste, à ses yeux).

En 2006, la N-VA n'avait conquis qu'un siège au conseil communal. Mais sa percée au scrutin de 2010 et le statut de champion des voix de préférence en Flandre orientale pour Bracke (101.940 voix) lui confèrent de grands espoirs. Un autre ancien de la VRT, Veli Yüksel, tirera la liste CD&V. Les chrétiens-démocrates éprouvent traditionnellement des difficultés à s'imposer dans les grandes villes, et Gand n'y déroge pas.

Reste le sort du Vlaams Belang, qui s'érode de scrutin en scrutin. A Gand, il a été confronté à la sécession du groupe Belfort, menée par l'ancien député Francis Van Den Eynde.