"Les besoins de la Wallonie sont tels qu'il serait regrettable que nous passions notre temps à nous invectiver et que nous nous égarions dans des querelles politiciennes. Je dis donc à l'opposition: entrez sans frapper! Nous sommes ouverts à des discussions constructives", a affirmé le nouveau ministre-président wallon, Elio Di Rupo, à l'occasion de la présentation aux députés régionaux de la déclaration de politique régionale (DPR).

Les grands axes de ce texte sont connus, et Elio Di Rupo n'a pas manqué de les répéter aux parlementaires: durant les 5 prochaines années, le gouvernement régional, "avec l'aide de toutes les forces vives", devra travailler à une transition à la fois écologique, économique et sociale, "sans laisser personne au bord du chemin".

"Nous avons une obligation de résultats. Nos projets, qui feront l'objet d'un pilotage constant, devront être concrétisés rapidement pour enclencher une dynamique positive, transformer durablement la Wallonie et la conduire vers des rivages plus heureux", a poursuivi le ministre-président. Dans ce contexte, "les pouvoirs publics devront être exemplaires", a-t-il ajouté en assurant que son gouvernement, grâce "au point d'équilibre" qu'il a trouvé, "relèvera avec succès ces défis".

"Nous avons de grandes ambitions pour la Wallonie", a encore affirmé M. Di Rupo. Ainsi, en matière de lutte contre le changement climatique, "jamais en Belgique, voire même en Europe, un programme de gouvernement n'a été aussi loin que les mesures que nous avons décidées", a-t-il pointé.

"Rien n'est impossible. Notre région a des atouts que nous allons valoriser et quelques faiblesses que nous corrigerons. Mais ce ne sera pas facile et nous allons devoir travailler, travailler et encore travailler", a enfin souligné le nouveau ministre-président.

Ce dernier a eu une journée bien chargée, rythmée par les prestations de serment devant le parlement wallon puis devant le roi et une cérémonie de passation de pouvoir à l'Elysette, au cours de laquelle Willy Borsus, le ministre-président sortant, lui a offert un petit pot de miel issu des ruches situées à l'arrière du bâtiment et le projet, encadré, de nouvel hymne wallon. Elio Di Rupo, lui, a remis à son prédécesseur, désormais ministre de l'Économie, du Commerce extérieur, de la Recherche et de l'Innovation, du Numérique, de l'Aménagement du territoire et de l'Agriculture, un guide des plus belles balades à vélo.

Les 2 hommes se sont ensuite retrouvés au parlement wallon pour la présentation de la DPR aux parlementaires et un premier conseil des ministres consacrés à des questions techniques, portant notamment sur la localisation des différents cabinets.


Pour les discussions au Fédéral, Di Rupo "reste disponible" pendant une phase transitoire

"Le tandem de base du PS pour les discussions au Fédéral, c'est Paul Magnette et Jean-Claude Marcourt. Mais je reste disponible pendant une phase transitoire dont le bureau discutera", a déclaré Elio Di Rupo. "Nous allons discuter en interne de comment nous organiser exactement", a précisé M. Di Rupo en répétant que dorénavant, "le tandem de base, pour les négociations, c'est bien Paul Magnette et Jean-Claude Marcourt."

Dans la nuit de jeudi à vendredi, ce dernier a été désigné par son parti négociateur pour le Fédéral alors que les socialistes ne semblent plus exclure de discuter avec la N-VA. Nommé président du parlement wallon vendredi matin, Jean-Claude Marcourt s'est à nouveau exprimé sur le sujet au micro de la VRT.

Un accord avec le parti de Bart De Wever? "On verra bien... C'est difficile... On ne peut pas écarter cette possibilité", a-t-il répondu à la télévision publique flamande qui l'interrogeait en marge de la prestation de serment des nouveaux ministres régionaux.

Lundi, Elio Di Rupo, refusant toujours d'entendre parler de confédéralisme, n'avait pas exclu de négocier avec la N-VA, si c'est pour répondre aux exigences sociales du PS et que ce dernier ne se retrouve pas dans une "suédoise".

Dans le courant de la semaine, il est apparu que les socialistes visaient l'Open Vld. En menaçant de faire exclure cette formation des six partis toujours assis autour des informateurs royaux, ils pousseraient les libéraux flamands à envisager plus sérieusement la possibilité d'un gouvernement sans la N-VA.