L'ancien Premier ministre et seul candidat à la présidence du PS Elio Di Rupo estime, vendredi dans Le Soir et dans les journaux de SudPresse, qu'"il faut faire reculer le gouvernement sur un certain nombre de points". Il appelle à la mobilisation pour le pousser à "modifier ses politiques". "C'est ce gouvernement qui est agressif. En rupture totale par rapport au modèle belge du consensus. Qui cherche l'affrontement. Fait peser l'assainissement sur les citoyens. C'est le gouvernement de l'idéologie forte et vieille, d'il y a trente ans, avec une violence sociale jamais atteinte depuis lors. On a toujours cherché à faire progresser la Belgique en recherchant le dialogue et la concertation. Mais là! Ils vont créer plus d'inégalités, renforcer la rémunération des actionnaires, mais non résoudre la compétitivité des entreprises ni générer de la croissance. Ils vont appauvrir le pays", a souligné le socialiste.

Le gouvernement tombera de lui-même le moment venu, prédit encore Elio Di Rupo. "En démocratie, la population reste la donnée la plus importante. Il y a le travail parlementaire, mais aussi les manifestations, les actions sur le terrain, et toutes les formes d'expression de la population compteront."

Le bourgmestre de Mons est le seul candidat à sa succession à la tête du PS et rempilera samedi, à l'issue d'une élection interne, pour un quatrième mandat. Il n'estime pas qu'il s'agira du mandat de trop. "Emile Vandervelde, qui a été un homme exceptionnel, a été à la tête du parti pendant 40 ans", a-t-il fait remarquer sur les ondes de Bel-RTL.

A l'heure où le PS se trouve pour la première fois dans l'opposition au fédéral depuis 25 ans, M. Di Rupo a affirmé la combativité du PS. "Nous avons l'intention de reconquérir la société citoyen par citoyen, maison par maison, le faire dans les usines, pour faire en sorte d'être le parti qui défend les intérêts des citoyens".

Si les socialistes francophones s'en prennent parfois très durement à la nouvelle majorité fédérale, les contacts personnels avec les mandataires MR ne sont pas rompus, à entendre M. Di Rupo. "Les contacts personnels restent tout à fait valables. Je n'ai jamais attaqué les personnes et je ne compte pas les attaquer. J'attaque leur politique, et nous devons continuer à garder le contact".

Olivier Chastel : "Le MR va construire, pas détruire!"

Le président du MR a tenu à réagir aux propos "outranciers" tenus par Elio Di Rupo via un communiqué de presse. 

D’après Elio Di Rupo, le gouvernement fédéral serait un gouvernement de destruction. « Au contraire, déclare Olivier Chastel, la politique menée par l’équipe du Premier Ministre Charles Michel se veut constructive pour garantir le développement socio-économique de notre pays, en créant des emplois et en garantissant le financement des pensions et de la sécurité sociale ». Olivier Chastel invite d’ailleurs le PS à s’en inspirer au niveau wallon. « Le Parti Socialiste doit prendre conscience que l’emploi et les enjeux économiques sont une priorité. La vision politique doit radicalement changer en Wallonie ».

Le président du MR déplore par ailleurs l’absence totale de remise en question dans le camp socialiste du caractère excessif et de violence de l’opposition qu’il mène contre le gouvernement fédéral. Une opposition sévèrement jugée par 48 % de la population, comme le révèle un sondage publiée ce matin dans la presse.