Lors de son discours au Parlement wallon (Namur) pour demander que soit octroyé à son gouvernement, Elio Di Rupo (PS), le ministre-Président wallon a paraphrasé le Président français, Emmanuel Macron : « Je dirais que nous sommes en guerre. En guerre contre un ennemi invisible, un ennemi qui tue ».

Le chef du gouvernement wallon a également anticipé d’éventuelles futures mesures de confinement qui pourraient être prises dès ce soir à l’échelle du pays.« Nous verrons dans les prochaines heures, lors de la prochaine réunion du conseil national de sécurité quelles attitudes adopter. Si nous prenons toutes ces mesures, c’est pour éviter la propagation du virus ».

Afin de préserver les députés wallons de contacts superflu lors de ce débat sur l’octroi des pouvoirs spéciaux au gouvernement wallon, chaque groupe politique était installé dans une salle de commission différente. Seuls les orateurs, les ministres et quelques autres avaient accès à la salle des séances plénières. 

Elio Di Rupo a également annoncé qu’il comptait travailler main dans la main avec le fédéral. Et pour les indépendants et entreprises qui doivent fermer, il a annoncé plusieurs mesures qui pourraient être prises dans les jours qui viennent. « Il faudra des reports de charges fiscales et sociales, de charges bancaires. Les factures d’eau et d’électricité devront être suspendues pendant la crise ».

Le texte prévoit de donner au gouvernement des pouvoirs élargis lui permettant de prendre des décisions sans passer directement devant le Parlement pour avoir son aval. Toutes les décisions qui seront prises durant cette période de deux fois trois mois, devront être confirmées après par le Parlement

Pour le PTB et le CDH dans l’opposition en Wallonie, on souhaite que la majorité vote un texte déposé par les deux groupes politiques et qui maintient sous certaines conditions le travail parlementaire. « Nous ne pouvons pas nous départir du contrôle parlementaire. Ce n’est pas une bonne chose » a précisé Germain Mugemangango (PTB). Pour François Desquesnes (CDH) : « Nous voterons les pouvoirs spéciaux, mais il est indispensable que lorsque c’est nécessaire le Parlement puisse se réunir ». Le CDH souhaite aussi que le secteur bancaire « renvoit la balle. Il a été aidé à bout de bras pendant la crise de 2008. Nous avons payé pour sauver certaines banques. Il faut donc un dialogue avec le secteur bancaire pour qu’il soit à la hauteur de son engagement sociétal ». Pour le chef de groupe PTB, il est "étonnant que l'on ferme les écoles mais que le travail soit maintenu dans les entreprises".

Jean-Paul Wahl (MR) s’est dit un peu déçu par la demande de l’opposition, « Je pensais qu’il pourrait y avoir l’union sacrée autour de cette solution ».

Stéphane Hazée (écolo) a insisté sur « le fait que le dispositif restait dans les mains du Parlement. Il s’agit d’un ajournement du travail et pas de l’arrêt de la session parlementaire ». Stéphane Hazée précise que cette mesure de suspension du travail est aussi prise parce que « douze députés sont déjà absents et d’autres pourraient ne pas être là pour le vote ». Ne sachant pas comment les choses évolueront dans les semaines qui viennent, il est effectivement possible que d’autres élus wallons ne puissent pas, pour des raisons de santé, venir au Parlement wallon. « Personne ne peut exclure que très prochainement il ne sera pas possible de réunir le quorum nécessaire à la tenue d’une séance plénière ».

Christophe Collignon (PS) qui remplaçait le chef de groupe André Frédéric a pour sa part expliqué au chef de groupe PTB "qu'il fallait faire confiance aux mesures prises pour éviter l'anarchie généralisée. Les pouvoirs spéciaux sont tout à fait cadrés. Ce n'est pas parce que nous sommes députés que nous sommes à l'abri du virus".

Le vote a été effectué par appel nominal. Une manière de procéder qui permettait d’éviter d’avoir trop de députés dans la même salle.

Plusieurs députés wallons et un ministre n'étaient pas présents pour cause de maladie.