Le ministre-président wallon, invité à donner son avis sur la question de la gratuité des tests PCR, a tout d'abord éludé la question pour insister sur l'importance de la vaccination. "Il y a encore trop de réticences envers le vaccin. Le plus important aujourd'hui, c'est de convaincre les citoyens et citoyennes de se faire vacciner", a déclaré Elio Di Rupo. Cependant, a-t-il reconnu, une certaine frange de la population n'est pas en mesure de se rendre à un rendez-vous de vaccination. Il faut dès lors "trouver des mécanismes pour toucher directement" ces personnes.

Une Conférence interministérielle (CIM) Santé publique se penchera d'ailleurs sur le sujet ce mercredi. Favorable à la vaccination pour tous, le président du PS souhaite même que celle-ci soit élargie aux jeunes dès 12 ans. "Quand on était bébé, on a été vacciné. Et c'est parce qu'on nous a vaccinés que nous sommes là aujourd'hui. Si on ne nous avait pas vaccinés, nous serions vraisemblablement avec des maladies graves ou nous n'existerions plus. Donc oui je suis tout à fait pour le fait de vacciner les jeunes de 15 à 17 ans, et même de 12 à 17 ans", a affirmé Elio Di Rupo.


"Le virus s'est imposé à nous", a-t-il poursuivi, revenant sur la question des tests PCR gratuits, "donc dans l'idéal, il faudrait que les tests PCR soient gratuits". Mais cela a un coût: un demi-milliard d'euros pour la Belgique. "Oui, mais personne n'est responsable de l'arrivée du Covid, on doit bien vivre avec pour le moment. Il faut prendre les mesures nécessaires", a réagi Elio Di Rupo. En parlant de mesures, le socialiste a mis en garde contre un déconfinement plus rapide que prévu. Selon lui, les indicateurs du coronavirus dans notre pays "sont meilleurs, mais ne sont pas bons", même s'il convient que "tout va dans le bon sens". Allons-y étape par étape, comme l'a décidé le Codeco".


Si Jan Jambon plaidera vendredi au Comité de concertation pour une heure unique de fermeture de l'Horeca (à partir du 9 juin, les restaurants et bars fermeront leur intérieur à 22h, mais les terrasses peuvent rester ouvertes jusqu'à 23h), Elio Di Rupo trouve que ces discussions sont "des bavardages". D'après lui, des heures différentes se justifient: "Fermer à 22h, ça a l'avantage que les gens n'ont pas trop bu, etc. À l'extérieur, nous avons décidé 23h car nous avons l'Euro de foot. Pour le diffuser, les écrans doivent être mis à l'extérieur".

Le ministre-président wallon a aussi été invité à s'exprimer sur le débat sur le port du voile qui fait rage actuellement. Il a affirmé que ce débat se devait d'être nuancé: "C'est un sujet clivant, et il faut avoir le sens de la nuance et du dialogue, il faut en parler". Mais il s'est tout de même dit en faveur d'une certaine neutralité, autant politique que religieuse, dans des postes de la fonction publique où une personne portant habituellement un signe convictionnel est en contact direct avec un public, comme une secrétaire ou une personne travaillant à un guichet. "Le citoyen qui va dans un service public ne doit pas se sentir mal à l'aise", a-t-il conclu.

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