Interrogé sur les chiffres fragiles de la vaccination à Saint-Josse, Emir Kir a posé le contexte qui s'applique. "Il y a une corrélation claire entre la situation socio-économique de la population et la vaccination. D'après le ministère national scientifique, les gens qui sont en situation de pauvreté ont moins accès à la Santé. Le virus circule plus dans les milieux défavorisés", a-t-il expliqué.

Ensuite le bourgmestre a évoqué une autre cause qui affecte le taux de vaccination. "La fracture numérique est très présente à Saint-Josse, comme dans d'autres communes qui ont une population modeste. Et comme le système se gère par application, certains ont des difficultés à suivre." 

Est-ce pour autant le seul élément qui explique ces données ? Emir Kir y constate le rôle majeur. "C'est un des éléments les plus importants. Beaucoup de gens n'ont pas d'ordinateur et encore moins la technique pour manipuler une application."

Le bourgmestre explique ensuite les dispositions prises par la commune pour encourager la vaccination. "On a mis sur pied un call-center, on va jusqu'au domicile des gens pour les inscrire. On assure même le transport social des personnes vulnérables vers les centres de vaccination", énonce-t-il. 

Pour lui le problème est également d'ordre logistique. "Nous n'avons pas la liste des gens invités par la Cocom. On ne sait pas qui sont ceux qui n'ont pas été contactés ou ceux qui refusent", déclare le bourgmestre. 

"La vaccination doit se faire au niveau local"

Emir Kir souhaite que les communes soient remises au centre de l'échiquier. "Je pense que la vaccination doit se faire au niveau local. On doit compter sur les communes qui connaissent bien leurs habitants", plaide-t-il avant de d'ajouter "On doit aussi travailler avec les médecins de première ligne qui connaissent les questions de Santé, ce à quoi je ne peux pas répondre."

"Le rôle de la confession ne joue pas autant qu'on le dit"

Alors que la vaccination est en place depuis plusieurs mois, le facteur de la religion pose des questions. Alain Maron était il y a quelques jours au micro de la Première et pensait que ce rôle affectait les chiffres, notamment celui du Ramadan. Emir Kir ne partage pas cet avis. 
 
"Je pense que cela peut jouer un rôle mais je trouve cela un peu facile... Le mois de jeûne a à peine débuté alors que la vaccination est en place depuis plus longtemps." 
Selon une étude réalisée par une ASBL turque "Bizz", sur 2200 personnes interrogées, quasiment 3/4 des sondés hésitent ou sont clairement opposés à la vaccination. 
 
"Si vous parlez d'Astrazeneca à un Belge, un Turc ou un Congolais, je peux vous assurer que c'est foutu. Plus personne ne veut en entendre parler", explique le bourgmestre de Saint-Josse. En cause la communication internationale non-claire autour du vaccin. 
 
Pour pallier au souci de vaccination, Emir Kir souhaite recevoir la liste des personnes contactées. "J'aimerais que le ministre Maron me donne ces listes pour faciliter la vaccination dans ma commune, avec l'aide des travailleurs sociaux".