C’était le dernier débat télévisé centré sur les problématiques bruxelloises avant le 25 mai. Mercredi soir, Télé Bruxelles et le journal "Le Soir" ont invité les têtes de listes régionales de ces élections pour batailler autour des enjeux qui dessineront l’avenir de la capitale. Retenons le premier, sans doute le plus important : l’emploi. Rappel, la Région de Bruxelles capitale affiche un taux de 20,7 %, soit plus de 100 000 personnes avec 29,1 % de chômage des jeunes. Préoccupant. Tour d’horizon des propos politiques

C’est Vincent De Wolf (MR) qui lance le débat. Considérant que "l’emploi est le principal échec du gouvernement sortant", il compte sur les prochains transferts de compétences pour que la Région bruxelloise "devienne maître de son destin" en la matière. "Elle pourra définir qui il faut aider et selon quels critères." Et d’avancer la proposition du MR : un "sac-à-dos" de deux fois 2 500 euros pour les entreprises qui embauchent des demandeurs d’emploi. La seconde moitié de l’avantage étant versé si l’emploi est maintenu.

Didier Gosuin (FDF) précise que la problématique du chômage n’est pas la même partout à Bruxelles, soulignant le problème de l’adéquation du niveau de formation des demandeurs d’emploi au marché du travail. Il faut s’attaquer "au chômage structurel qui touche 70 % des demandeurs d’emploi". "C’est vers ce noyau dur qu’il faut aller, sinon dans cinq ans on aura toujours le même taux de chômage", ajoute-t-il.

Le ministre-Président sortant, Rudi Vervoort (PS) s’est évidemment appuyé sur les mesures prises par son gouvernement dont la garantie jeune, soit le financement de formations, stage et emplois pour les 6 000 jeunes qui, chaque année, sortent des études avec des difficultés pour trouver un boulot. "Les grands projets comme le réaménagement du Heysel sont également porteurs d’emplois non délocalisables."

Christos Doulkeridis (Ecolo) insiste pour sa part sur les filières "durables" porteuses d’emploi comme "les déchets, la construction durable et l’eau". Pour Joëlle Milquet, la réduction du chômage passera par une réduction du coût du travail (compétences fédérales) et, au niveau bruxellois, concevoir 10 pôles de compétitivité dans des secteurs porteurs comme "le numérique, la logistique ou encore la santé". Le CDH prône un coaching personnalisé des chômeurs.

Gifle

Le débat a vite glissé vers une autre question, intimement liée à celle de l’emploi : l’enseignement. Didier Gosuin a dressé un tableau particulièrement noir de l’enseignement francophone, le FDF prônant l’abaissement de l’obligation scolaire à 3 ans. Didier Gosuin entend "retravailler fondamentalement l’école" pour une meilleure orientation des élèves, de rendre l’enseignement technique et professionnel "plus en phase avec le marché de l’emploi". "L’enseignement est notre ‘boulet’ et donc le chantier prioritaire", estime-t-il. Joëlle Milquet a déploré une vision "caricaturale", une "gifle" au secteur de l’enseignement, insistant sur une nécessaire révision du socle de compétences

Christos Doulkeridis a enchaîné en prônant un travail sur 10 ans associant tous les partis et les partenaires sociaux. Ecolo prône également l’obligation scolaire dès 3 ans comme moyen de lutter contre les inégalités ainsi que sur un tronc commun jusque 14 ans au moins. Christos Doulkeridis a rappelé l’exigence d’Ecolo pour un enseignement bilingue à Bruxelles.

Le PS a la même mesure dans son programme. Elle devra passer par une concertation entre communautés puisque l’école bilingue est du ressort fédéral."Les Bruxellois vont devoir dire quelles sont leurs attentes et les exprimer devant les deux communautés", ajoute-t-il.

Vincent De Wolf a également plaidé pour une réforme du tronc commun "pour que les élèves choisissent en fonction de leurs aspirations" et disposent du bagage nécessaire pour créer leur propre entreprise. Le MR insiste aussi sur la suppression du décret inscription.