Alors que les réseaux sociaux s'agitent depuis dimanche au sujet de la suspension d'Emmanuelle Praet par RTL, le Premier ministre Charles Michel, lui aussi, soutient la polémiste. 

Lors du bureau de parti de ce lundi matin, Charles Michel a en effet pris sa défense devant les barons du MR présents au quartier général du MR. "Merci à ceux qui ont apporté leur soutien public à Emmanuelle Praet, a-t-il déclaré durant la réunion du bureau du MR. Elle a agi comme chroniqueuse et non comme journaliste. Elle a exprimé une opinion et c'est normal de sa part". Dans l'assistance, un autre libéral s'est interrogé publiquement : "Je n'ose imaginer les réactions si c'était le MR et non Ecolo qui avait réagi comme Ecolo l'a fait".

Le "scalp" de Francken   

Il semble que le soutien exprimé dans ce huis clos libéral a libéré la parole chez les réformateurs. A la suite de Georges-Louis Bouchez (le délégué général du MR) qui, le premier, avait émis de sérieux doutes sur l'opportunité de la suspension de la chroniqueuse, une série de personnalités MR se sont jointes au concert de critiques. 

En Flandre, c'est Theo Francken (N-VA) qui a ouvert le feu dimanche soir. "Le duo présidentiel écologiste Nollet-Khattabi a demandé la démission d'Emmanuelle Praet, parce qu'elle a déclaré que les gilets jaunes devaient mieux réfléchir avant d'aller voter car ces augmentations de carburant sont des exigences écologiques. Ils ont obtenu son scalp sur le plateau de RTL ", a-t-il ainsi tweeté, ajoutant: " Des présidents de parti exigeant la démission d'un commentateur politique, journaliste. J'ai peur de ces verts. Et je suis choqué que RTL se mette ainsi à genoux ."

Rutten se joint à Francken

En Flandre toujours, la présidente de l'Open VLD, Gwendolyn Rutten, a elle aussi apporté son soutien à Emmanuelle Praet, estimant que la décision de RTL constitue un " mauvais signal ". " Chaque politicien entend et lit des analyses sur lui-même, sur l'idéologie de son parti, qui sont fausses ou contraires à ce qu'il pense. Faire avec ça fait partie de la démocratie libérale. Si l'on n'est pas d'accord, on demande un droit de réponse. Pas de suspension ", a-t-elle écrit sur le réseau social.

Pour rappel, Emmanuelle Praet avait interpellé ce week-end les représentants des "gilets jaunes" présents sur le plateau de l'émission "C'est pas tous les jours dimanche", leur reprochant d'avoir "toujours voté pour les mêmes en Wallonie " et les enjoignant à " réfléchir un peu " avant de glisser leur bulletin dans l'urne lors des prochaines élections alors que " toutes les taxes que vous dénoncez sont des taxes environnementales ".

Des propos dénoncés dès dimanche midi par la co-présidente d'Ecolo, Zakia Khattabi, qui attendait " un démenti et   une condamnation ferme ". Rapidement après l'émission, les interventions d'Emmanuelle Praet ont été qualifiées d'outrancières par la direction de la chaîne privée qui a suspendu à titre conservatoire, tant en télé qu'en radio, la polémiste.

Aucune intervention politique, selon RTL 

Malgré ce tourbillon de réactions, la direction de RTL ne compte pas changer de position. Emmanuelle Praet sera entendue dans les prochains jours comme prévu et une décision sera prise ensuite concernant le maintien ou non de sa collaboration avec la chaîne privée. 

" Pour nous, c'est simple , explique Christopher Barzal, directeur de la communication du groupe RTL en Belgique. On a une polémiste qui n'a pas accompli le job que l'on attendait d'elle. Contrairement à ce que Francken laisse entendre, chez RTL, nous n'avons pas de conseil d'administration politisé, contrairement à la RTBF. En tant qu'entreprise privée, c'est à nous de fixer les règles et nous constatons simplement qu'elles n'ont pas été respectées par Emmanuelle Praet. Il n'y a pas eu d'interventions politiques pour obtenir sa suspension, ni de Zakia Khattabi ni de personne d'autre. Il ne faut pas voir de grand complot derrière cette décision. Il n'y a aucun lien entre RTL et la politique. L'émission existe depuis 3 ans et Emmanuelle Praet doit, comme chroniqueuse, intervenir sur le plateau en donnant son angle de vue afin d'alimenter le débat. Pas pour inciter les gens à voter pour tel parti ou à ne pas voter pour tel autre ."