Les nouvelles mesures annoncées après le comité de concertation du 27 novembre font encore une fois débat. En effet, seules les personnes isolées pourront inviter deux contacts rapprochés simultanément, soit le 24, soit le 25 décembre. Pour le reste, les règles n'ont pas changé : chaque foyer pourra accueillir une seule personne.

Un sujet sensible puisque ces règles doivent, en principe, rester en vigueur jusqu'à mi-janvier. Lors de la conférence de presse tenue le 28 novembre à la suite du comité de concertation, le ministre de la Santé avait annoncé qu'il faudra atteindre moins de 800 contaminations par jour et maximum 75 hospitalisations par jour, pendant un certain temps, pour pouvoir envisager un assouplissement des mesures.

Et si les indicateurs poursuivent leur baisse, Yves Van Laethem estime qu'il faudra encore du temps pour atteindre ces objectifs. "Le seuil de 800 nouveaux cas par jour pourrait donc être atteint à la fin du mois de décembre, et pas vers Noël comme on l'avait pensé à un moment", expliquait le porte-parole interfédéral ce vendredi.

Désaccords

Mais tous ne sont pas d'accord avec ces restrictions: de nombreux politiciens plaident pour une réévaluation des mesures pour pouvoir célébrer les fêtes de fin d'année en plus grand comité.

Dimanche passé déjà, Georges-Louis Bouchez affirmait sur Twitter, vouloir tenter "de donner plus d’humanité", si les chiffres le permettaient d'ici là. Il a réaffirmé sa position dans Zondag, précisant que, si les chiffres continuaient à baisser, il faudrait "oser prendre de nouvelles mesures". Une porte qu'ouvrait également Paul Magnette, sur les ondes de la Première : "Rien n'est jamais impossible. Si on devait observer que les chiffres s'améliorent de manière très nette dans les prochains jours, pourquoi ne pas évaluer? Il n'y a pas de raison d'être plus strict que nécessaire".

Du côté de la N-VA, c'est un non catégorique. Bart de Wever soutient pleinement la décision prise : selon lui, il est "évident de ne pas plaider pour un assouplissement des règles à Noël". Le bourgmestre d'Anvers condamne d'ailleurs l'attitude du président du MR : "Ce que fait Bouchez n'a pas de sens".

Ce samedi, Pierre-Yves Jeholet s'est exprimé à son tour. Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles a annoncé sur Twitter avoir demandé au Premier ministre de réunir à nouveau le Comité de concertation le 18 décembre afin de réévaluer les mesures concernant la bulle sociale durant les fêtes et la fermeture des salons de coiffure.

Une demande de laquelle se distance Ecolo. "Ecolo s'en tient aux décisions et calendrier du codeco (comité de concertation, ndlr). Ni cacophonie ni petit jeu politique. Les citoyens et le personnel médical méritent mieux".

Les experts s'en mêlent

Face à ces déclarations, les experts ont réagi. Après avoir critiqué Pierre-Yves Jeholet, Emmanuel André a déploré sur Twitter la cacophonie créée par les différentes déclarations politiques. "Ce qui se passe aujourd’hui démontre à quel point la multitude de gouvernements et de majorités de ce pays empêche (voire détruit) une approche et un discours cohérents", écrivait le virologue de la KU Leuven. "Ce n’est ni normal ni admissible. Ce n’est pas efficace."

Pour Marc Van Ranst, il est trop tôt pour assouplir les mesures. Le virologue flamand met en garde : si le R0 (le taux de reproduction) est toujours autour de 0.90 dans le Brabant flamand, le Limbourg et à Anvers, "il est déjà supérieur à 0,95, et en Flandre orientale et au Luxembourg, même juste au-dessus de 1". Selon lui, "la diminution menace de s'arrêter". "La situation épidémiologique ne permet actuellement pas davantage d'assouplissements".

Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open Vld), et le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (sp.a), se rangent du côté des experts et refusent eux aussi d'envisager un assouplissement des mesures. Pour eux, il faut tout faire pour éviter une troisième vague.