Le ministre bruxellois de l'Economie, Benoît Cerexhe, a une nouvelle fois soutenu vendredi la mission de prospection que se prépare à mener la Région bruxelloise dans les pays du Golfe pour s'attirer les sympathies de la finance dite islamique. Interpellé notamment par la députée MR Marion Lemesre qui a affiché à tout le moins sa méfiance quant à cette démarche, il a renvoyé celle-ci au plaidoyer tenu par le vice-premier ministre fédéral MR, Didier Reynders.

Mme Lemesre lui a notamment demandé pourquoi ne pas mobiliser les capitaux disponibles en Belgique. Elle a dit craindre qu'une telle démarche ne touche aux fondements de la laïcité et souhaité que le ministre Cerexhe fasse part de l'interprétation qu'il donnerait à la sharia dans ce contexte.

Le ministre bruxellois a rappelé le contexte de cette mission: une finance islamique est en forte croissance constante; 60% des fonds se trouvent dans les pays du Golfe; une croissance de 24% par rapport à 2010 et le seuil des 2.000 milliards qui serait franchi en 2013, selon les prévisions.

Selon lui, le Royaume-Uni sous gouvernement travailliste, le Luxembourg et récemment la France ont adapté leur législation pour permettre ces montages financiers, comprenant l'intérêt d'attirer sur leurs territoires une partie de ces investissements.

Toujours d'après M. Cerexhe, lorsqu'il était ministre des Finances, M. Reynders a proposé en juin 2009 la mise en place d'un groupe de travail sur ce type de finance. L'an dernier encore, lors d'une conférence-formation sur ce thème, il disait: "Je souhaiterais en tous cas, indépendamment des rachats de banques, y compris au Luxembourg, qu'on puisse voir se développer à Bruxelles, une activité importante en matière de Finance Islamique, simplement parce que c'est un des éléments qui participe au développement d'une place financière aujourd'hui dans le monde".