Le Front national français, le Vlaams Belang et le parti autrichien FPO formeront, après les prochaines élections européennes, un groupe parlementaire commun "afin de combattre l'évolution vers un super-Etat européen". La présidente du FN, Marine Le Pen, l'a annoncé mercredi lors d'une conférence de presse à Strasbourg. Les sondages d'opinion sont actuellement favorables au Front national, mais aussi aux autres partis anti-Europe un peu partout sur le continent. Cette tendance ouvre de nouvelles possibilités pour les populistes et pour l'extrême-droite, notamment celle de former un groupe parlementaire, qui permettrait de peser davantage dans les prises de décision.

Les règles prévoient qu'un tel groupe doit être composé d'au moins 25 députés issus d'au moins sept pays différents. Marine Le Pen s'est déclarée "très optimiste" à ce sujet, de même que l'eurodéputé VB Philip Claeys. "Nous avons conscience que nous pouvons être plus forts l'an prochain si nous coopérons", a affirmé ce dernier.

Autour du FN, du VB et du FPO, déjà réunis au sein du parti Alliance européenne pour la liberté, d'autres partis sont courtisés en vue de la formation d'un groupe. Il s'agit notamment des Démocrates suédois, de la Ligue du nord italienne, du parti de la liberté de Geert Wilders (Pays-Bas) et de petits partis baltes.

Le parti britannique UKIP, qui a le vent en poupe, aurait décliné l'invitation par peur d'être diabolisé.

Marine Le Pen a par ailleurs exclu de traiter avec le populiste italien Beppe Grillo, dont la ligne politique est ambivalente, ainsi qu'avec les néo-nazis de Jobbik (Hongrie) et d'Aube Dorée (Grèce).

Interrogée sur le fait que le Jobbik faisait partie de l'Alliance européenne des mouvements nationaux (AEMN), une fédération à laquelle participent Bruno Gollnisch et Jean-Marie Le Pen, la fille de ce dernier a avoué une situation "un peu schizophrénique".

Le FN et le Vlaams Belang ont réfuté la qualification d'extrémisme. "Nous sommes à droite de l'échiquier politique. Nos idées sur l'immigration et le moins d'Europe sont de plus en plus maintream en Flandre", a souligné M. Claeys.

Ce n'est pas la première fois que le FN et le Vlaams Belang unissent leurs forces pour peser davantage à Strasbourg. En 2007, avec plusieurs partis d'extrême-droite, ils avaient formé le groupe Identité, Tradition et Souveraineté (ITS), mais la vie de celui-ci implosa quelques mois plus tard en raison de ses contradictions xénophobes. Après un fait divers sordide en Italie, l'eudodéputée Alessandra Mussolini (la petite fille du Duce) appela à "considérer tout citoyen roumain comme un citoyen indésirable", une déclaration qui fut peu appréciée par les membres roumains du groupe.