"M. Lachaert a fait un rapport intermédiaire au Roi faisant état de pourparlers constructifs en vue de la formation d'un gouvernement majoritaire. Il fera un nouveau rapport au plus tard le 4 septembre", dit le communiqué.

Il est apparu jeudi que le chargé de mission privilégiait la piste d'une coalition "Vivaldi", associant les socialistes, les libéraux, les écologistes et le CD&V. Le communiqué traduit un certain optimisme puisqu'il évoque des "pourparlers constructifs". L'une des tâches à accomplir pour poursuivre dans cette voie est de convaincre le CD&V de faire partie d'un attelage sans la N-VA. Il y a quelques mois encore, les chrétiens-démocrates flamands insistaient sur l'importance d'avoir une majorité en Flandre, impossible à trouver sans impliquer le parti nationaliste. Ils ont aussi dit leur refus de l'"agenda éthique" de l'arc-en-ciel (socialistes, libéraux, écologistes), en particulier la proposition de loi avortement contre laquelle ils sont vent debout.

"On avance mais tous les partis devront donner de la clarté dans les prochains jours", a expliqué M. Lachaert à sa sortie du Palais.

Le chargé de mission n'a pas voulu dire explicitement qu'il travaillait sur la piste d'une Vivaldi mais a parlé de "quatre familles politiques".

Une note de base de 62 pages a été rédigée. Elle sera sous peu envoyée aux différents partis concernés. L'ambition est de "mettre le pays en ordre dans la perspective de 2030", soit la durée de deux législatures. Le document entend tenir compte des sensibilités de chacun, a souligné M. Lachaert en insistant toutefois sur la nécessité d'un "budget durable". L'autre écueil à franchir sera en effet de pouvoir concilier les demandes du PS et de l'Open Vld, très éloignées sur le terrain socio-économique. A bonnes sources, l'on indiquait d'ailleurs qu'une réunion entre le libéral et les socialistes ne s'était pas bien passée jeudi après-midi.

Le président des libéraux flamands espère "convaincre les partis de franchir le pas et de s'asseoir ensemble à une table".

"En 15 semaines, ce n'est pas encore arrivé et je pense que la population demande que les partis se dépassent et cherchent un accord sur le fond", a-t-il ajouté.

Si la Vivaldi ne voit pas le jour, un retour de la N-VA est-il envisageable? Ce sont les écologistes et les libéraux qui ont scellé l'échec du rapprochement du parti nationaliste avec le PS, pourtant réputés inconciliables. Or, les relations entre la N-VA et le MR semblent au plus mal. Le réseau Twitter a été le théâtre d'un virulent accrochage jeudi entre le président libéral Georges-Louis Bouchez et l'ex-secrétaire d'État Theo Francken (N-VA) à la suite d'une message de Bart De Wever disant "la tristesse de la Flandre" devant un gouvernement trop à gauche et trop francophone. Le second a accusé le premier de ne rien comprendre à la Flandre. Et le premier a répliqué par un jugement sévère sur sur le bilan du gouvernement précédent associant la N-VA, dirigé par Charles Michel: "On a gouverné avec la N-VA. Le résultat? Le Vlaams Belang est monté à 20%".

En attendant le compteur tourne d'ici à la mi-septembre, quand la Première ministre Sophie Wilmès doit en principe redemander la confiance du parlement. Le président du sp.a, Conner Rousseau, a dit dans la presse de vendredi qu'il faudrait organiser des élections si d'ici là un nouveau gouvernement ne voyait pas le jour.