Le parti ne dit toutefois pas encore 'oui' à une coalition Vivaldi mais veut "donner une chance" aux discussions. "Il ne s'agit pas de Vivaldi, il s'agit d'Avanti", a déclaré Joachim Coens. "Ce pays doit aller de l'avant ! Les gens veulent des solutions (...) Nous voulons un projet où nous pouvons réaliser nos priorités fondamentales. Le CD&V fait la synthèse entre le social, l'économique, l'éthique et le durable."

Le fait d'avoir une majorité dans le groupe linguistique néerlandophone à la Chambre ne constitue plus une condition pour entrer dans un gouvernement fédéral, estime Joachim Coens. Cela alors que sa formation politique insistait ces derniers mois pour avoir un gouvernement avec une majorité des deux côtés de la frontière linguistique, c'est-à-dire avec la N-VA.

Pour le président du CD&V, la priorité va au "contenu". "Nous avons tout essayé pour avoir une majorité flamande. Maintenant, il s'agit de l'alternative: soit ça, soit l'opposition. Nous examinons donc le contenu. Si nous nous sentons en sécurité, si nous nous sentons au centre et non pas dans la remorque de cette coalition plus CD&V".

Après 460 jours de négociations infructueuses sous toutes sortes de formats, le président Coens veut "donner une chance aux pourparlers avec ces trois autres familles politiques". Il demande cependant des garanties sur "l'entente avec les Régions" et rappelle au passage son opposition à la loi IVG telle qu'envisagée actuellement, insistant sur les points de vue éthique des démocrates-chrétiens. "Si nous pouvons réaliser notre programme, pourquoi ne gouvernerions-nous pas? "

Selon le président du CD&V, la confiance grandit et il est possible qu'un nouveau gouvernement soit en place d'ici le 17 septembre. Il assure pourtant ne pas craindre une cure d'opposition. "Si ces trois autres familles veulent avoir ensemble un projet qui incarne simplement leurs trois saveurs, qu'elles y aillent. Et alors nous mènerons l'opposition", prévient Joachim Coens. Dans un tel cas de figure, le parti démocrate-chrétien devrait alors se ressourcer, mais ce ne serait pas une raison pour "rejoindre tel ou tel parti", dit-il encore. Un cartel avec la N-VA n'est ainsi "pas du tout à l'ordre du jour".

Le chargé de mission royale, l'Open Vld Egbert Lachaert, est attendu vendredi au Palais pour un nouveau rapport au Roi. Il a clairement fait savoir qu'il testait en priorité la formule de coalition dite "Vivaldi", rassemblant les libéraux, les socialistes, les écologistes et le CD&V.

L'actuel gouvernement minoritaire, dirigé par la MR Sophie Wilmès, est censé redemander la confiance de la Chambre d'ici le 17 septembre. La Première ministre a déjà annoncé qu'elle présenterait sa démission si celle-ci n'était pas renouvelée.