Une réunion secrète s'est tenue samedi soir, sous la houlette de Paul Magnette, entre partis d'une éventuelle coalition fédérale arc-en-ciel (PS, sp.a, MR, Open Vld, Ecolo et Groen), rapporte dimanche soir la presse flamande. Ni le CD&V, ni la N-VA n'y ont été conviés, selon les quotidiens Het Laatste Nieuws et De Tijd.

"Paul Magnette s'est autoproclamé formateur et les partis de l'arc-en-ciel l'ont suivi", a réagi dimanche soir le président de la N-VA, Bart De Wever. "Etant donné les exécrables propositions du PS dans les matières socio-économiques et en termes de migration, il me paraît étrange que les libéraux aient embrayé aussi rapidement", a-t-il ajouté.

"Visiblement, le VLD envisage de faire payer des milliards aux Flamands, de mettre sous pression l'emploi et les entreprises et d'ouvrir le robinet de l'immigration. On a du mal à croire que la base de ce parti suivra sans réagir cette folie qui ne représente qu'un Flamand sur 3, donc une minorité dans la Région qui paie la majeure partie de l'addition", a encore taclé Bart De Wever en réaffirmant par ailleurs que son parti "est prêt à prendre l'initiative pour donner forme à la politique dont la Belgique a besoin".

Du côté du CD&V, les mots aussi sont durs. Pour les chrétiens démocrates flamands, la tenue de cette réunion - plus si secrète - témoigne d'un "manque total de respect", a réagi sur Twitter, le candidat à la présidence du parti Sammy Mahdi.

Ceci dit, que le CD&V n'ait pas été invité ne constitue pas réellement une surprise, ses représentants multipliant les déclarations, ces derniers jours, pour dire à quel point ils trouvent "imbuvable" la note de Paul Magnette dont certains éléments ont fuité.

Dimanche midi, le vice-Premier ministre et négociateur du CD&V au fédéral CD&V Koen Geens a encore redit sa volonté de voir la N-VA entrer dans la danse, plaidant pour une mission de "co-information" menée par Paul Magnette et Bart De Wever.

"Ce dont je voudrais convaincre les francophones, c'est que la N-VA est aussi incontournable pour les partis néerlandophones que le PS l'est pour l'instant pour les partis francophones", a-t-il notamment affirmé. "Ce n'est pas une question de sympathie. C'est une question de viabilité du pays à long terme. Si nous faisons une erreur maintenant, nous risquons d'avoir une majorité nationaliste en Flandre en 2024", a ajouté Koen Geens.

Si aucune déclaration n'a pu être obtenue du côté du président du PS dimanche soir, le co-président d'Ecolo, Jean-Marc Nollet, a lui implicitement confirmé la tenue de la réunion. "Il est quand même normal et oserais-je dire bienvenu que des responsables politiques qui veulent trouver des solutions pour donner un avenir à la Belgique se retrouvent autour d'une table de réunion et/ou aient entre eux des contacts divers et variés pour sortir de l'impasse, non ? ", a-t-il tweeté.