Le débat a débuté avec une confrontation du ministre avec le témoignage d'une tenancière de café. Celle-ci a pointé la situation invivable de l'Horeca et le fait que la fermeture du secteur pendant 10 mois n'ait rien changé. Le ministre a tenu à affirmer qu'il comprenait les grandes difficultés du secteur mais que les mesures prises étaient loin d'être inutiles. "Il faut s'imaginer ce qu'il se passe quand on ne prend aucune mesure", a-t-il expliqué. "Chaque secteur dit qu'il est capable de se prévenir contre les contaminations mais les activités ne sont jamais sans risque. Nous ne pouvons rouvrir ces activités que dans une situation sûre". 

Cela signifie deux conditions pour la réouverture des terrasses le 8 mai  : la campagne de vaccination doit continuer et la situation des hôpitaux doit s’améliorer "de façon durable". Le ministre refuse de donner des chiffres à partir desquels le déconfinement pourrait se poursuivre. "Je ne veux pas jouer sur les chiffres. Je sais que c’est un message difficile mais on vit dans une incertitude fondamentale".

Le ministre a également tenu à rappeler que la Belgique optait pour une politique "soft" à côté des pays voisins. "Cette politique implique donc du temps, de la patience et un consensus politique qui se maintiennent". Pour lui, le prix à payer de la politique soft est également que la baisse des contaminations se fait moins rapidement.

Le socialiste flamand a aussi abordé le débat concernant le risque de l'ouverture des frontières qui a provoqué une augmentation des cas lors des vagues précédentes. Celui-ci rappelle que les voyageurs doivent se faire tester et effectuer une quarantaine au retour dans le pays. "Avant nous ne pouvions pas contrôler le respect de ces mesures, maintenant il y a un accord avec les régions et la police. À partir du moment où ce contrôle est efficace, nous pouvons laisser les gens voyager."

Régulièrement pointé du doigt, Frank Vandenbroucke est revenu sur les critiques personnelles qui lui sont adressées, notamment sur sa sévérité et sa rigidité concernant les mesures. "Il reste un lit en moyenne en soins intensifs par hôpital", a-t-il alerté. "Pour un ministre de la Santé, quand les hôpitaux sont presque complets, c’est une bonne raison pour être nerveux. Si votre enfant a un accident avec un ami, vous ne seriez pas un peu nerveux et inquiets ? C'est un équilibre difficile à trouver entre retrouver une vie normale et une situation normale dans les hôpitaux".

"Ne pas protéger des gens quand on peut protéger, c'est quand même un petit peu fou"

Frank Vandenbroucke a également abordé la vaccination, notamment les craintes actuelles concernant les vaccins d'AstraZeneca et de Johnson & Johnson. Contrairement à plusieurs pays, la Belgique a décidé de poursuivre l'injection du vaccin AstraZeneca pour les personnes de plus de 65 ans. Pour le ministre, la balance entre les effets positifs et les effets secondaires ne fait pas de doute. "Ne pas protéger des gens quand on peut protéger, c'est quand même un petit peu fou", a-t-il affirmé. "Le vaccin AstraZeneca est une protection efficace".

Le vaccin Johnson & Johnson ne sera quant à lui pas administré en Belgique tant que l'Agence européenne n'a pas pris de décision, qui devrait tomber ce mardi.

Enfin, celui-ci a affirmé son soutien à l'idée du "label covid safe" défendu par plusieurs experts. "Cela fait plusieurs semaines que j'insiste pour mettre l'accent sur des mesures en rapport avec la ventilation", a-t-il expliqué. Selon lui, un rapport sur le sujet a été demandé à la task force pour la fin avril.