Les téléphones chauffent depuis ce dimanche soir entre les membres du gouvernement fédéral. Une interview du ministre de la Santé a mis le feu aux poudres. A la sortie du comité de concertation, Frank Vandenbroucke (sp.a) était revenu sur la décision de rouvrir les commerces non essentiels dès le 1er décembre. Il a expliqué à un journaliste de la VRT que “faire du shopping ne comportait pas vraiment de risque quand tout était bien contrôlé” . Pourquoi, dès lors, ces magasins ont-ils dû fermer leurs portes le 30 octobre dernier?

“Parce qu’à un moment on avait besoin de prendre une décision choc, il fallait un électrochoc et cela impliquait que l’on ferme immédiatement les commerces non essentiels”, a répondu le socialiste flamand, admettant qu’il s’agissait d’une mesure “psychologique”. Les propos ont fait bondir dans l’opposition, mais aussi au sein de sa propre majorité.

“Nous avons supposé que les décisions du Premier ministre et du ministre de la Santé reposaient sur la raison et la science. Non. Si vous voulez détruire les commerçants et éradiquer le soutien de la population aux mesures, c’est ce qu'il faut faire”, a notamment réagi Bart De Wever, président de la N-VA sur Twitter.

Le ministre de la Santé, et plus largement le gouvernement fédéral, ont-ils fait fermer les commerces sans raisons scientifiques?

"Pour les commerces touchés, ce fut en effet une décision très difficile, que nous n’avons pas prise de gaieté de cœur. Nous comprenons tout à fait que l’on nous demande de justifier cette décision. Le 30 octobre, nous étions dans une réelle situation d’urgence, comme expliqué dans les avis que nous avions alors reçus du RAG et de la Celeval. Il était nécessaire de prendre des mesures qui allaient réduire rapidement et au maximum le nombre de contacts et de déplacements, et qui rendraient les risques de contaminations les plus faibles possibles. C’est pourquoi nous avons décidé de fermer les commerces non essentiels. Le Risk assessement group était d’avis qu’il fallait décréter l’état d’urgence sanitaire.", a réagi le cabinet de Frank Vandenbroucke ce lundi.

La décision du gouvernement a incontestablement été prise sur base d'une recommandation des experts. Un rapport de la Celeval transmis aux membres du comité de concertation le 29 octobre, soit la veille de leur réunion, préconisait bel et bien la fermeture des commerces. “Tous les contacts sociaux devraient être considérablement réduits dans la période du 1er au 14 novembre. Il n’y a pas de consensus sur la meilleure façon de limiter ces contacts”, peut-on lire dans ce rapport qui préconise de limiter ces contacts “en interdisant tous les mouvements non essentiels et en fermant les magasins non essentiels; en fixant un périmètre de 5 ou 10 kilomètres, comme en France. La seconde option n’a pas été retenue, à l’inverse de la première.

"Sur ce point (les commerces), il n’y avait pas de consensus: une majorité de 16 membres s’est prononcée pour la fermeture de l’ensemble des commerces, tandis qu’une minorité de deux membres n’était pas d’accord", précise le cabinet du ministre de la Santé. "La décision du Comité de concertation était de manière générale moins stricte que les propositions de la Celeval, mais le Comité de concertation a maintenu la fermeture des commerces non essentiels."

Ce rapport de la Celeval ne fournit toutefois pas de chiffres pour justifier la fermeture des commerces, ce qui est reproché par plusieurs partis.