Le cabinet de Paul Furlan est-il miné par le conflit d’intérêts ? C’est la conviction du MR qui par la voix de Georges-Louis Bouchez, chef de file des libéraux montois, s’attaque aujourd’hui à la situation particulière de Pascal Hoyaux. Selon l’article du "Vif" d’hier le socialiste hennuyer est employé dans le cabinet du ministre wallon des Pouvoirs locaux, du Logement et de l’Energie.

Ce fait n’est pas mentionné sur le site Internet du ministère ni dans les déclarations de mandats reprises par le site Cumuleo. "Pascal Hoyaux est aussi bourgmestre de Manage, président de l’intercommunale de gestion de déchets Hygea, administrateur d’Idea, une autre intercommunale et président de la zone de secours Hainaut centre", indique Georges-Louis Bouchez qui confirme que M. Hoyaux est bien conseiller chez Paul Furlan. "On ne lui reconnaît pas de compétences en énergie", lâche-t-il.

L’ex-député MR affirme avoir découvert "ce quadruple conflit d’intérêts" en traitant le cas d’un agent de la zone de secours dont la tutelle administrative est également assurée par le ministre Furlan. "Un décret visant à organiser cette tutelle a été rédigé mais n’a jamais été adopté, regrette au passage le délégué général du MR. Le ver est dans le fruit, poursuit-il. Comment exercer un pouvoir de tutelle impartial alors que des gens ont des intérêts dans ces structures ? On se retrouve face aux limites du système, on ne peut pas être le contrôleur et le contrôlé. Le cabinet Furlan n’a manifestement pas pris ses précautions, c’est un peu comme si on retrouvait un banquier en exercice au cabinet du ministre des Finances."

"Un peu de tout"

Contacté par "La Libre", Pascal Hoyaux confirme travailler comme détaché de l’enseignement au cabinet Furlan. "Je fais un peu de tout, raconte-t-il. Ce qu’on me demande de faire, je le fais. Je m’occupe surtout de travaux, mais certainement pas de la tutelle sur les communes ou les intercommunales, c’est un boulot du juriste ça." Quant à la tutelle sur les zones de secours, "elle est exercée par le fédéral car la Wallonie n’a pas voté de décret sur cette compétence, contrairement à la Flandre". Pascal Hoyaux travaille dans les cabinets ministériels depuis 1993, ajoute-t-il.

Circulez, il n’y a rien à voir ? "M. Furlan n’était pas au courant ? Ce n’est pas la première fois que cela arrive, dénonce Georges-Louis Bouchez. Je ne vise pas les personnes mais je dis que quelque chose ne fonctionne plus en Wallonie. M. Furlan n’a plus d’autre choix que de tirer la prise, de toute façon il va falloir recomposer son cabinet presqu’entièrement. Il faut arrêter cette mauvaise blague." Le cas Hoyaux ne devrait pas manquer d’alimenter les attaques de l’opposition MR au parlement wallon ce jeudi.

Le porte-parole de Paul Furlan n’a pas répondu aux appels de "La Libre".