Georges-Louis Bouchez, contrairement aux autres présidents de parti, estime qu’il ne doit pas respecter de quarantaine. Le sujet fait débat depuis le test positif au coronavirus du préformateur Egbert Lachaert, ce mardi. Pour l’épidémiologiste Yves Coppieters, présent jeudi soir sur le plateau de la RTBF, le président du MR prend le risque de mettre les autres en danger. "Il faut au moins deux tests, un test maintenant et un test dans trois ou quatre jours pour être sûr qu’il ne mette pas en danger sa santé et celle des autres”. Et d’ajouter, “là je pense qu’il y a un vrai principe de précaution.”

Dans un tweet, Georges-Louis Bouchez a répondu à l’expert. “Monsieur Yves Coppieters, vous connaissez les règles mieux que nombre d’entre nous. Pouvez-vous donc confirmer que lorsque l’on n’a pas été à moins de 1,50 mètre pendant plus de 15 minutes d’une personne infectée, il ne faut pas se mettre en quarantaine ?”, a demandé le président du MR à l’épidémiologiste. Tout en ajoutant qu’il ne revenait pas d’une “zone rouge”.


Un tweet auquel le professeur Coppieters n’a pas donné de réponse.

Nos confrères de la DH ont posé la question à Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral Covid 19, afin de trancher la question. “Georges-Louis Bouchez a son caractère… Mais s’il n’a pas enfreint les règles, s'il a pris des précautions et gardé son masque pendant les réunions avec les autres négociateurs, il n’y a pas de raison de se mettre en quarantaine. Je soutiens ce qu’il dit”, assure le docteur Van Laethem, spécialiste en maladies infectieuses, lui-même placé en quarantaine à la fin juillet, après un contact avec une personne testée positive. “Oui, mais j’avais participé à un déjeuner avec la fille de ma compagne, sans masque, la situation est différente”, souligne-t-il. “Dans la situation actuelle, il faut faire confiance aux gens. Dans cette perspective, Bouchez ne se situe pas dans les conditions des contacts à haut risque, mais à risque limité, à qui on demande d’être vigilant et de suivre leur état de santé. Mais pas de cesser toute vie sociale! Lui seul peut savoir s’il a pris des risques.Sur le fond, il a eu raison d’interpeller Yves Coppieters. Si on part du principe que Georges-Louis Bouchez dit la vérité, j’estime erroné de dire qu’il met en danger les autres négociateurs. Il ne met en danger personne.

Faut-il en déduire que les autres présidents de parti ont tort de se placer en quarantaine ?

“Ils n'ont pas à le faire s’ils se sont tenus à bonne distance. S’ils ont négocié sans masques, proches l’un de l’autre, pendant plus de 15 minutes, là, oui, ils sont à hauts risques”, conclut Yves Van Laethem.