Invité du plateau de "Jeudi en prime" sur la RTBF, Georges-Louis Bouchez est revenu sur les récentes polémiques qui ont mis le feu au MR.

Pour rappel, afin d'apaiser les tensions, un G11 libéral a vu le jour afin d'assister Georges-Louis Bouchez dans sa fonction. Mais, pour le principal intéressé, il ne s'agit absolument pas d'une mise sous surveillance. "L'objectif n'est pas de m'encadrer mais de débattre. Ce G11 n'a pas de pouvoir de décision", rappelle-t-il. Le créer était au final un moyen d'améliorer la gouvernance du parti, selon son président.

S'il a été nécessaire d'instaurer ce "comité des sages", c'est parce que Georges-Louis Bouchez avait été très critiqué en tentant de recaser Denis Ducarme à la place de Valérie De Bue. Si son plan avait échoué (à cause d'un décret imposant un tiers de femmes dans l'exécutif wallon), beaucoup avaient critiqué la manoeuvre, jugeant que la ministre ne méritait pas cela. Le président du MR avait alors présenté ses excuses quelques jours plus tard. Il renouvelle ses excuses sur le plateau de la RTBF. "Si ce décret n'avait pas existé, j'aurais commis deux erreurs. Premièrement, de considérer qu'on peut avoir une délégation de trois hommes au sein du gouvernement. Deuxièmement, une erreur personnelle vis-à-vis de Valérie De Bue puisque c'est une ministre qui a un très bon bilan et qui ne méritait pas d'être écartée", a-t-il déclaré. "L'erreur que j'ai commise, c'est de croire que je pouvais sauver tous les ministres sortants. Mais il n'était pas possible que tout le monde puisse retrouver une fonction de ce type". Denis Ducarme retrouve ainsi une fonction de simple député. 

"Quand je vois la situation que les décisions prises ont généré, je me devais de présenter des excuses. Je dois reconnaître que quelque chose n'a pas fonctionné. On a beaucoup parlé de ma personnalité. Ma personnalité me permet de venir montrer mes médailles quand ça fonctionne mais aussi de dire que ça n'a pas marché, que c'est de ma faute et que j'en assume l'entière responsabilité".

Plusieurs ténors du MR ont néanmoins eu des propos très durs, n'hésitant pas à utiliser les mots "despote" et "pratiques mafieuses". "Je peux comprendre la colère", a réagi Georges-Louis Bouchez. "Il y a dix ans, notre parti avait déjà des difficultés. il y avait deux clans, le clan Charles Michel et celui de Didier Reynders Reynders. Tout cela n'avait pas été totalement purgé." La décision de nommer Mathieu Michel, frère de Charles Michel, comme secrétaire d'Etat à la Digitalisation, a en partie fait renaître ces clans, Mais le libéral tient à préciser qu'il ne fallait pas y voir l'influence de l'actuel président du Conseil européen. "C'est ma décision. Mathieu Michel a toutes les compétences pour cette fonction". 

Interrogé sur la présumée ligne de crédit dont il aurait bénéficié pour ses finances pendant sa campagne comme président du MR, Georges-Louis Bouchez a tenu à être très clair. "Toutes ces factures ont été payées avec mon argent. Les comptes du parti sont régulièrement contrôlés et le seront encore. Je n'ai rien à me reprocher".