Si le président du MR affirme "ne pas vouloir entrer dans un bashing à l'égard des experts", il pointe néanmoins du doigt la pression exercée par certains d'entre eux. "La pression des experts est là", a-t-il déclaré, avant de s'épancher sur leur place dans le débat public.

"Il n’y a qu’en Belgique où on a eu autant d’experts qui ont bénéficié d’une telle visibilité. Je ne peux pas vous citer le nom d’un seul scientifique qui a conseillé le gouvernement français. Je regrette que certains passent autant de temps à la télévision et consacrent si peu de temps à nous fournir des rapports objectifs", a-t-il souligné, remettant en cause le contenu même des rapports. "Je pensais naïvement qu’on allait recevoir des rapports du style 'Voici trois modèles possibles d’impact sur la circulation du virus', mais on n’a jamais vu ça. On nous a expliqué que si on rouvrait les métiers de contact, on aurait 10.000 contaminations hebdomadaires en plus. Je ne les ai pas vues. On nous a assuré en janvier qu’il fallait fermer les écoles. Heureusement, on ne l’a pas fait. C’est catastrophique de ne jamais pouvoir décider sur base de rapports bétonnés et argumentés." Précisons tout de même que le maintien des écoles ouvertes a toujours été une priorité pour le gouvernement, mais aussi la plupart des experts.

"Les experts ne sont pas tous les mêmes"

Si Georges-Louis Bouchez semble si remonté, c'est parce qu'il n'a eu de cesse de réclamer des rapports chiffrés justifiant la mise en arrêt forcée de certains indépendants. Sans succès. Malgré tout, le président du MR reconnaît l'utilité des experts. "Ils sont utiles et ne sont pas tous les mêmes. Marius Gilbert, par exemple, tient un discours pondéré, construit et intelligent. Et ce n’est pas le seul." Par contre, sans surprise, le politique a été moins clément avec Marc Van Ranst, avec qui il s'est souvent écharpé. "Si vous reprenez les propos de Van Ranst sur un an, vous remarquerez qu’il a dit tout et son contraire. À partir du moment où vous conseillez le gouvernement, vous ne devez pas contester ou anticiper les décisions politiques. Il y a une solidarité qui doit se mettre en place. Cela ne remet pas en cause la liberté académique des experts. S’ils acceptent une mission gouvernementale, ils doivent simplement s'accommoder des avantages et des inconvénients. Point."