Politique belge

L'assemblée générale bruxelloise d'Ecolo a désigné dans la nuit de mercredi à jeudi ses représentants au gouvernement bruxellois et à la Commission communautaire française.

Les écologistes ont approuvé à la quasi-unanimité l'accord négocié avec les socialistes, DéFI, Groen et l'Open Vld. La réunion s'est envenimée quand il a fallu approuver le casting. Il aura fallu près de 7 heures aux Verts pour s'accorder sur trois noms, au terme d'un psychodrame qui a mené à l'éviction d'une candidate soutenue par la co-présidence du parti.

Si les candidatures d'Alain Maron, l'un des négociateurs, au poste de ministre du Climat et de Magali Plovie à la présidence de l'assemblée de la Cocof n'ont pas posé de problème, il n'en a a pas été de même pour le poste de secrétaire d'Etat à la Transition économique et de ministre-président de la Cocof.

La co-présidence a proposé d'abord Isabelle Pauthier, ancienne secrétaire générale de l'Atelier de Recherche et d'Action Urbaines (ARAU), élue pour la première fois le 26 mai. Militante d'une certaine conception de l'urbanisme à Bruxelles, Mme Pauthier a suscité de fortes réticences chez certains militants, à la fois pour sa vision de la ville, jugée par ceux-ci clivante et peu favorable au développement de Bruxelles, mais aussi parce qu'elle a semblé prendre la place d'une autre députée, Barbara Trachte, parlementaire depuis 10 ans, cheffe de groupe sortante au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles dont la légitimité interne est plus forte.

La co-présidence, Zakia Khattabi en tête, a maintenu cette candidature malgré un premier vote insuffisant au sein du groupe parlementaire bruxellois. Le passage devant le conseil de fédération du parti et enfin devant l'assemblée générale n'ont pas permis de renverser la tendance et la désignation de Mme Pauthier n'a pu recueillir la majorité requise.

Peu après 1h du matin, les co-présidents se sont isolés pour présenter une nouvelle candidature, en l'occurrence celle de Mme Trachte qui a recueilli un soutien suffisant des militants. Mme Khattabi, épuisée et manifestement émue, a quitté l'auditoire de l'ULB où se tenait l'assemblée générale avant la fin de la réunion. Plusieurs participants voyaient dans ce désaveu un échec personnel de la co-présidente.

"Les AG d'Ecolo sont toujours pleines de surprises", a commenté M. Maron.

Au cours de cette soirée, les Verts ont paru revenir quelques années en arrière, à l'époque des assemblées générales houleuses et à l'issue incertaine.