Le futur nouveau ministre flamand du Bien-Etre, Wouter Beke (CD&V), n'a qu'une courte expérience en tant que membre d'un gouvernement puisqu'il a succédé, au gouvernement fédéral minoritare et en affaires courantes, à la fin du mois de juin dernier, à Kris Peeters, parti occuper son siège au parlement européen. M. Beke exerce toujours, actuellement, à titre démissionnaire, sa fonction de président de parti.

Encore jeune - il n'a que 44 ans - Wouter Beke est actif à la tête des chrétiens-démocrates flamands depuis un certain nombre d'années.

Impliqué dans la politique locale depuis 2001 (il est bourgmestre de Bourg-Leopold dans le Limbourg depuis 2013), il est à la manoeuvre à l'échelon national depuis 2003. Le CD&V goûte alors depuis quatre ans aux réalités de l'opposition après avoir participé au pouvoir pendant 40 ans. Prenant en grippe les réformes éthiques des coalitions arc-en-ciel et violette, il s'impose comme l'idéologue du parti chrétien flamand dont il devient vice-président en 2003. Il est alors sénateur.

En 2008, il devient président ad interim du parti, en remplacement d'Etienne Schouppe, un mandat qu'il effectuera une deuxième fois en 2010, succédant alors à Marianne Thyssen. Cette même année, il se présente à l'élection présidentielle. Il l'emporte avec un score de 99%. Il renouvellera l'opération en 2013 et en 2016. Cette année, Wouter Beke ne briguera plus de nouveau mandat, a-t-il répété.

Après avoir réussi à maintenir sa formation au pouvoir, Wouter Beke a vu le CD&V subir un net recul aux élections du 26 mai dernier.

Jusque-là, il était vu comme un stratège. Il négocie pour le CD&V la sixième réforme de l'Etat et son parti progresse, à l'instar des autres formations flamandes qui ont participé au gouvernement Di Rupo. Mais face au succès de la N-VA, la tripartite ne sera finalement pas reconduite en 2014.

Dans un premier temps, Wouter Beke demande à Bart De Wever, informateur, de temporiser, afin que les gouvernements régionaux ne soient pas constitués avant le fédéral. Mais du côté francophone, le PS pressent que les événements se précipitent à droite pour le contourner. Les socialistes poussent sur l'accélérateur à Bruxelles et en Wallonie; Wouter Beke renonce à temporiser en Flandre et la Suédoise est formée au fédéral.

Cinq ans plus tard, c'est la bérézina pour l'ensemble des partis traditionnels. Pour Wouter Beke, c'est la douche froide alors que les sondages prédisaient un maintien de son parti au-dessus des 20%. Il n'en sera rien.

Depuis, un certain temps, il se disait que Wouter Beke envisageait de se mouiller dans le prochain gouvernement. Les circonstances auront précipité, en juin dernier, cette évolution de carrière.

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