Le PS a exprimé vendredi son "inquiétude" en constatant que trois portefeuilles ministériels clés - l'Intérieur, les Finances, la Défense et la Fonction publique - ainsi que la présidence de la Chambre soient désormais aux mains du parti nationaliste flamand dans le gouvernement Michel 1er, qu'il a une nouvelle fois qualifié de " MR N-VA". La N-VA contrôle donc notamment les finances publiques, la police et l'armée, a souligné le Parti socialiste dans un communiqué.

Il dit également constater que les trois partis flamands reçoivent "la quasi-totalité des postes qui comptent": outre l'Intérieur (N-VA) et les Finances (N-VA), la Défense et la Fonction publique (N-VA), ils ont l'Asile et la Migration (N-VA), la Justice (CD&V), l'Emploi et les Affaires économiques (CD&V), les Affaires sociales et la Santé (Open VLD) et les Entreprises publiques (Open VLD).

"La quasi-totalité des recettes et l'essentiel des dépenses de l'Etat fédéral sont par conséquent aux mains des partis flamands", dénonce le PS.

Le parti regrette par ailleurs que le nouveau gouvernement MR N-VA rompe les règles linguistiques qui sont traditionnellement d'application au sein du gouvernement fédéral. Il y aura en effet sept ministres flamands et six ministres francophones, en plus du Premier ministre qui est compté sur le quota francophone.

Enfin, le nouveau gouvernement MR N-VA est, selon le PS, un gouvernement "macho": il n'y aura aucune femme vice-Première ministre et donc aucune femme dans le "kern" (le Conseil ministériel restreint), qui prend les principales décisions gouvernementales.


Le cdH dénonce le "déséquilibre" de la composition de la nouvelle équipe

Le cdH a dénoncé à son tour vendredi la composition du gouvernement fédéral Michel 1er - qu'il qualifie, à l'instar du PS de "MR/N-VA" -, soulignant que les partis flamands se taillent la part du lion sur les compétences régaliennes et héritent de quasiment tous les plus gros ministères (Défense, Fonction publique, Asile et Immigration, Finances, Justice, Intérieur). "Le déséquilibre est manifeste également dans sa composition puisqu'il y aura sept francophones et onze néerlandophones dans ce gouvernement", a souligné le parti humaniste dans un communiqué.

Le cdH, désormais dans l'opposition, ajoute redouter de voir des ministères stratégiques comme l'Intérieur et la Défense confiés aux mains des nationalistes de la N-VA.

"Faut-il rappeler que le ministre de l'Intérieur (Jan Jambon, ndlr) a la tutelle sur l'emploi des langues, la dotation des zones de police ou encore, plus symboliquement, l'organisation des fêtes du 21 juillet? ", s'est-il demandé.

"Peut-on également penser qu'un ministre de la Défense N-VA (Steven Vandeput, ndlr) s'attellera à rétablir l'équilibre linguistique parmi les hauts gradés au sein de l'armée?", ajoute le communiqué.

Le cdH dit constater "cette fois encore le renoncement du MR" qui a accepté le veto mis sur la tête du député Denis Ducarme, "jugé trop francophone pour s'occuper de l'armée".

Pour le cdH, "le MR va décidément de reculade en reculade puisqu'il a également accepté que le Premier ministre (Charles Michel), habituellement asexué, soit cette fois comptabilisé sur le quota francophone".

Outre la répartition des portefeuilles qui pose question, le cdH souligne le peu de places laissées aux femmes dans ce gouvernement.

"Pour le cdH, la composition du gouvernement est à l'image du projet qu'il se donne: déséquilibrée, sans vision et sous la coupe de la N-VA", conclut le texte.


Sans réelle influence, le MR prend les francophones en otage, affirme Olivier Maingain

Avec les compétences dont il a hérité, le MR "sera sans réelle influence. Il prend les francophones en otages d'un gouvernement qui ne les représente pas", a affirmé vendredi le président des FDF Olivier Maingain, dans le contexte de l'annonce du casting du gouvernement Michel. Le président des FDF, a dit constater "que la réalité communautaire s'est rapidement imposée dans le gouvernement De Wever-Michel: les attributions des ministres MR sont ramenées à la portion congrue, tous les départements d'autorité (Intérieur, Justice et Défense), de même que les ministères de la politique sociale sont entre les mains des partis flamands".

Pour lui, "Charles Michel n'est pas le premier ministre de la Belgique; il n'est que le faire-valoir francophone d'un gouvernement de la Flandre dominé par la NVA. L'ego d'un homme et les avantages réservés à quelques-uns de ses amis ne peuvent justifier un tel cynisme".