Dans une circulaire, Koen Geens modifie la reconnaissance sécuritaire des cultes, dont celui de l’islam.

Le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), a envoyé jeudi une circulaire modifiant le processus de screening des mosquées. Ce screening était jusqu’ici l’apanage des seuls Sûreté de l’État et Service des cultes et de la laïcité du SPF Justice.

La circulaire a fait l’objet d’une négociation avec pas moins de quatre ministres ou secrétaires d’État N-VA du gouvernement : Jan Jambon (Intérieur), Steven Vandeput (Défense), Johan Van Overtveldt (Finances) et Theo Francken (Asile et Migration).

En vertu de cette circulaire, a appris "La Libre Belgique", huit services différents auront désormais un mot à dire dans la reconnaissance des mosquées, mais aussi de toute communauté religieuse locale, "sans distinction entre les religions". Il s’agit des deux premiers déjà cités, mais aussi du service de renseignement de l’armée (SGRS), de l’Ocam, de la police fédérale, de la police locale, de l’Office des étrangers et de la Cellule de traitement des informations financières (CETIF). L’idée est de compter sur les ressources de tous ces services pour émettre un avis documenté.

En Belgique, la reconnaissance des mosquées se fait par les Régions ou les Communautés. Mais il fallait jusqu’ici attendre le feu vert de la Sûreté, au niveau fédéral, ce qui pouvait prendre du temps, compte tenu du peu de moyens attribués jusqu’à récemment au service. À la mi-septembre, Koen Geens a pris soin d’annoncer une nouvelle enveloppe budgétaire de 4,7 millions d’euros pour le service de renseignement intérieur. Un total de 25 personnes supplémentaires ont été engagées.

Koen Geens "espère ainsi qu’il sera mis un terme à tous les soupçons concernant des avis insuffisamment étayés" et promet une bonne circulation de l’information entre ces 8 services, les Régions et les communautés religieuses.

La circulaire prévoit aussi de modifier, voire de retirer, la reconnaissance d’une communauté religieuse si de nouvelles informations font état de problèmes comme la situation en séjour illégal d’imams et autres prédicateurs, l’inscription d’un membre du personnel dans la banque de données de l’Ocam, ou des infractions constatées par la police locale. Dans ce cas, la Sûreté de l’État, en collaboration avec les autres services, peut rendre un nouvel avis.

En Belgique, la reconnaissance d’une mosquée entraîne la prise en charge des frais, comme le salaire des imams, mais n’est pas obligatoire. Beaucoup échappent à ce système. Seules quatorze mosquées sont reconnues à Bruxelles par exemple, selon l’Exécutif des musulmans.Ch. Ly.