Les deux partis ennemis francophone et flamand, PS et N-VA, sont-ils en relation préélectorale discrète ? Non, affirme le porte-parole du Parti socialiste, Jérémie Demeyer. "Il n’y a pas eu de contacts avec la N-VA et il n’y en aura pas. Les derniers contacts que l’on ait eus remontent aux négociations qui ont suivi les élections de 2010. Et ces contacts n’étaient que des contacts parmi d’autres", confie-t-il.

Dimanche, le président du PS lui-même a rejeté catégoriquement cette hypothèse. "Avec la plus grande franchise, les yeux dans les yeux : c’est totalement faux. Il n’y a pas, il n’y a jamais eu, il n’y aura jamais de contacts secrets avec la N-VA. Le seul qui a des contacts avec la N-VA, c’est le MR, qui ne s’en cache pas. Nous n’avons aucune raison d’avoir aujourd’hui des contacts avec la N-VA dont le programme est l’exact inverse du nôtre", a déclaré Paul Magnette lors l’émission "L’Invité" (RTL).

"Totalement ridicule"

La rumeur s’est pourtant répandue vendredi : selon le journal économique flamand "De Tijd", il y aurait eu des contacts de nature préélectorale entre socialistes francophones et nationalistes flamands. Pas au plus haut niveau tel que celui des présidents de parti, non, mais bien entre "ambassadeurs" PS et N-VA. C’est ce qu’affirmait le commentateur politique Rik Van Cauwelaert. Il estimait même que ces contacts sont une bonne chose dans la mesure où ils permettent aux deux puissantes formations politiques de se connaître un minimum l’une l’autre.

Mais au PS, on s’est très rapidement offusqué face aux suppositions sur un rapprochement discret avec la N-VA. En effet, sur Twitter, dès vendredi, Gilles Mahieu, le secrétaire général du PS, avait démenti l’information : "C’est totalement ridicule, il n’y a bien entendu aucun contact avec la N-VA (discrets ou non)", a-t-il commenté publiquement sur le site web de microblogging.

Une révélation ce week-end sur d’éventuels pourparlers entre socialistes et nationalistes aurait été pour le moins en décalage avec les propos de Laurette Onkelinx. Samedi, dans "Le Soir", elle a justement renvoyé dos-à-dos le MR et la N-VA. Les programmes du MR et de la N-VA, "deux partis extrêmement proches sur le plan socio-économique et qui veulent nous écarter", mènent à la liquidation du modèle social belgo-belge, a en effet commenté la vice-Première socialiste. En évoquant la vision des libéraux et des nationalistes flamands, Laurette Onkelinx a même dénoncé une menace de "karcher social".

Un paradoxe N-VA

Pour prendre un peu de recul analytique, depuis le début de la campagne, la N-VA occupe paradoxalement une place importante dans le débat politique francophone. Le MR a dénoncé à plusieurs reprises ce qu’il perçoit comme une volonté du PS de se positionner aux yeux des électeurs comme le seul et véritable rempart au nationalisme flamand. Didier Reynders, notamment, avait au contraire affirmé que le véritable enjeu pour le 25 mai prochain était en réalité le choix à opérer entre le modèle de société proposé par le PS et celui proposé par le MR.

Inversement, régulièrement, les socialistes (et d’autres également) ont accusé les libéraux francophones, et singulièrement Didier Reynders, d’être proches de la N-VA par opportunisme politique et par proximité idéologique dans le domaine socio-économique.