Le ministre-président flamand Jan Jambon a admis mercredi qu'il avait manqué d'une réelle concertation, en temps voulu, pour déterminer la position flamande avant le vote qui avait eu lieu lundi au niveau européen pour libérer des fonds pour "l'initiative d'investissement" de l'UE en réaction au coronavirus.

La Belgique avait été le seul Etat membre à s'abstenir au Conseil, parce que la Flandre ne souhaitait pas soutenir la création de ce fonds. Plusieurs partenaires de la majorité flamande ont cependant critiqué ensuite cette abstention. Ce qui a mené le ministre-président Jan Jambon (N-VA) à admettre mercredi que la position flamande "aurait peut-être dû être mieux discutée au sein du gouvernement". Cela ne se reproduira plus à l'avenir, promet-il.

Les critiques de la N-VA quant à la répartition des fonds européens n'étaient pas en soi une nouveauté. Les trois eurodéputés du parti s'étaient d'ailleurs abstenus lors du vote du texte au Parlement européen la semaine dernière.

Les partenaires de coalition des nationalistes flamands n'étaient cependant pas forcément favorables à une abstention au niveau du Conseil. "Incroyable", avait jugé l'eurodéputée CD&V Cindy Franssen sur Twitter, tandis que l'Open Vld Hilde Vautmans se montrait déçue de l'abstention belge. Selon le journal De Standaard, les vice-ministres-présidents Hilde Crevits (CD&V) et Bart Somers (Open Vld) n'étaient même pas au courant, lundi, du dernier état des discussions.

Hilde Crevits confirme mercredi: "Le vote écrit, à la fin, n'a pas été discuté en gouvernement flamand. C'est dommage". On ne saura pas si elle-même aurait préféré un feu vert de la Belgique. "J'aurais préféré qu'il y ait au moins une concertation sur ce dossier", résume-t-elle.

"Nous avions précédemment bien discuté au sein du gouvernement, constatant qu'il n'y aurait que peu d'argent (de l'initiative d'investissement corona) pour la Flandre", explique Jan Jambon. "Nous avons pris position sur base de cette même ligne". Mais dernièrement, "tout a évolué très vite et nous aurions peut-être mieux fait d'en reparler au sein du gouvernement". Il a été décidé qu'à l'avenir il y aurait bien une consultation des partenaires de coalition "jusqu'au dernier moment".