La ministre fédérale de l'Économie Nathalie Muylle consulte les Régions sur la création d'une nouvelle administration chargée de contrôler les investissements étrangers en Belgique, indique jeudi L'Echo. Un projet de loi de la ministre CD&V prévoit ainsi un "mécanisme de filtrage des investissements étrangers directs".

La Chine est clairement visée. Le texte s'inquiète en effet du nombre croissant en Europe d'"acquisitions par des entreprises étrangères publiques ou par des entreprises gérées par les pouvoirs publics et ce, non pas tant pour des raisons économiques que pour des raisons stratégiques et politiques."
"Des pays tiers veulent ainsi acquérir de l'influence sur nos entreprises par le biais d'activités cruciales pour notre sécurité et notre ordre public...", cite L'Echo.

Le texte propose de créer au sein du SPF Économie une Commission de filtrage des investissements (CFI). Pour chaque investissement contrôlé, la CFI remettrait un avis au ministre de l'Économie. Les Régions seraient associées au dispositif et une coopération avec les États européens est prévue.
Il reviendrait aux entreprises de notifier à la CFI les accords conclus entre elles. Un système d'amendes est prévu pour les contrevenants et les entreprises qui ne collaboreraient pas assez au contrôle. Le filtrage pourrait conduire à une interdiction par le gouvernement de finaliser l'investissement, qui serait alors éventuellement suppléé par la Société fédérale de participations et d'investissements (SFPI).

Le ministre wallon de l'Économie, Willy Borsus (MR), freine quelque peu, en réclamant un dispositif plus rapide et fluide et en demandant de voir ce que font les autres pays européens.