La Première ministre, Sophie Wilmès, a dit mardi son souhait qu'une concertation s'engage rapidement avec le personnel soignant. 

Selon elle, il faudra parler d'une revalorisation salariale et d'une amélioration des conditions de travail. Un comité ministériel restreint a évoqué mardi la situation du personnel soignant, en première ligne de la pandémie depuis la mi-mars. Samedi, alors qu'elle rendait visite à l'Hôpital Saint-Pierre à Bruxelles, des soignants ont tourné le dos à la Première ministre pour exprimer leur colère. L'action a suscité un large intérêt médiatique, au-delà des frontière du royaume. Et lundi, des préavis de grève ont été déposés pour couvrir des actions qui auraient lieu dès le 1er juin.

Deux arrêtés royaux de pouvoirs spéciaux, approuvés le 11 avril en "kern élargi" aux 10 partis, cristallisent la grogne d'un secteur qui dénonce depuis longtemps la dégradation de ses conditions de travail et des moyens financiers qui n'ont pas suivi les besoins auxquels il fait face. Ces textes dits de dernier recours organisent la possibilité de réquisitionner des soignants et prévoient que du personnel non infirmier puisse pratiquer certains actes infirmiers.

Mercredi, à 8h30, la ministre de la Santé, Maggie De Block, rencontrera le front commun syndical.

"Je souhaite qu'un dialogue s'installe mais que ce soit un vrai dialogue, pas seulement dire: je vous écoute, et ensuite agir à sa guise. S'il y a un problème structurel, il faut accepter qu'il existe et faire en sorte de trouver des solutions appropriées", a indiqué Mme Wilmès, interrogée lors d'une visite à Bozar.

"Je suis convaincue que cela passera par une revalorisation salariale. Mais il n'y a pas que ça: il faut aussi se mettre dans la peau du travailleur qui, tous les jours, doit pouvoir travailler dans des conditions adéquates. Ce qui m'a frappé dans les discussions, c'est ce sentiment de ne pas être en capacité de bien faire son travail alors que votre volonté, c'est de travailler au service des autres, c'est quelque chose qu'on ne peut pas accepter", a-t-elle ajouté.

Un autre comité ministériel restreint est prévu vendredi avant une réunion samedi du "kern élargi" aux 10 partis qui soutiennent les pouvoirs spéciaux. Samedi passé, Ecolo, le PS et le cdH ont déjà préconisé le retrait des deux arrêtés royaux controversés, a-t-on indiqué à bonnes sources. La demande sera répétée samedi prochain.

Après Ecolo, le PS s'est exprimé en ce sens. "Le gouvernement doit assurer une vraie concertation avec le front commun syndical, à la fois pour revaloriser le statut des soignants mais aussi pour retirer ces arrêtés royaux qui, vu le contexte, ont perdu leur raison d'être. Vu le dévouement des soignants face à la pandémie, ce serait leur faire offense que de maintenir ces textes", a souligné le chef de groupe à la Chambre, Ahmed Laoouej.