Présent au parlement wallon à l'occasion des discours officiels des Fêtes de Wallonie, le ministre-président flamand, Jan Jambon, a salué les propos tenus tant par le président de l'assemblée Jean-Claude Marcourt que par le ministre-président wallon Elio Di Rupo.

Les deux socialistes ont notamment appelé à ce que la Région prenne ses responsabilités. "Ces discours m'ont beaucoup plu. Je suis heureux de voir des gens plus adultes qui veulent prendre leur destin en mains", a affirmé Jan Jambon à l'issue de la cérémonie officielle.

Jean-Claude Marcourt: "La Wallonie ne doit pas craindre de prendre ses responsabilités"

"Nous ne devons pas craindre de prendre nos responsabilités et d'assurer les compétences dont dépend notre avenir. Les réformes institutionnelles n'ont aucune valeur intrinsèque. Elles ne sont là que pour améliorer le fonctionnement de l'Etat et de ses différentes composantes au service de la qualité de vie des citoyens", a martelé le président du parlement wallon, Jean-Claude Marcourt.

"Je me garderai, ici, d'aborder les discussions et les négociations qui concernent un autre niveau de pouvoir. Je crois cependant qu'il est de mon devoir de président du Parlement de Wallonie de dire que la négation de l'autre, le mépris de l'autre, ne constituera jamais une base solide pour bâtir une politique au service de l'ensemble de la population, avec une attention particulière pour les moins favorisés de celle-ci", a poursuivi M. Marcourt.

"Le respect, qui est le ferment d'une vie en commun harmonieuse, vaut tant pour les relations entre personnes qu'entre institutions", a-t-il ajouté.

Pour Elio Di Rupo, l'avenir de la Wallonie dépend "de notre volonté et de notre confiance"

L'avenir de la Wallonie dépend de chacun de ses citoyens, a affirmé en substance le ministre-président régional Elio Di Rupo. Crise sanitaire oblige, ces derniers se sont tenus dans la salle des séances plénières du parlement wallon, loin des fastes traditionnels du Théâtre de Namur. "L'avenir de notre Wallonie dépend essentiellement de nos comportements, c'est-à-dire avant tout de notre mentalité, de notre volonté, de la confiance que nous avons en nous-mêmes", a égrainé Elio Di Rupo, succédant au pupitre au président de l'assemblée régionale, Jean-Claude Marcourt.

"Je pense que nous devons être plus ambitieux, plus créatifs, plus inventifs sur tous les plans. Nous aïeuls avaient réussi à faire de la Wallonie l'une des premières puissances économiques du monde. A leur instar, soyons déterminés à créer nous aussi de grandes choses. Avec nos moyens d'aujourd'hui, innovons, valorisons tous nos talents et allons de l'avant. Retrouvons le chemin de l'audace, de la prise de risque et de l'entrepreneuriat", a ajouté le ministre-président.

La veille, sur les ondes de la RTBF, ce dernier avait explicitement appelé les francophones - Wallons et Bruxellois - à se positionner clairement sur ce qu'ils veulent, "en ayant l'esprit que la Flandre est majoritaire et qu'il y a une situation politique tout à fait particulière avec le Vlaams Belang".

Ce samedi, le ministre-président n'a pas évoqué la situation fédérale. Mais entre les lignes d'un discours traversé par la crise sanitaire actuelle, en convoquant la responsabilité de chacun et la confiance aux possibilités propres de la Région, c'est bien la même intention que l'on devine.

"Notre ambition est claire: faire de notre Wallonie l'une des régions les plus prospères d'Europe", a poursuivi Elio Di Rupo en soulignant l'importance du plan 'Get up Wallonia'. "Mais le gouvernement ne pourra pas tout faire, tout seul. Pour parvenir aux résultats escomptés, chacun de nous devra accomplir des efforts. Des efforts selon sa position dans la société, ses aptitudes et ses possibilités. Chacun d'entre nous devrait faire sienne la célèbre formule du président Kennedy, que je paraphrase et adapte à notre Région: 'Ne demandez pas ce que la Wallonie peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour la Wallonie'", a-t-il encore déclaré.