Les écologistes francophones ne veulent pas attendre que la N-VA décide de ne plus participer aux discussions pour commencer à négocier la constitution d'un gouvernement fédéral, a averti lundi le co-président d'Ecolo, Jean-Marc Nollet. Selon lui, les nationalistes flamands ont intérêt à laisser pourrir la situation politique pour démanteler le pays. Le vice-Premier ministre CD&V, Koen Geens, a rappelé vendredi la position de son parti sur une alliance fédérale: il souhaite une coalition qui dispose d'une majorité en Flandre, ce qui implique la présence de la N-VA. La ministre flamande Hilde Crevits a quant elle expliqué samedi qu'il n'était pas possible d'exclure la N-VA tant que celle-ci n'avait lâché les discussions. Ce faisant, les chrétiens-démocrates ne permettent pas de mettre sur pied une coalition "Vivaldi" (socialistes, libéraux, écologistes et CD&V).

Les partis qui attendent que la N-VA s'en aille d'elle-même se trompent, aux yeux d'Ecolo.

"Ils (les nationalistes) ne le feront pas, vous vous trompez lourdement. Leur seul intérêt, c'est de laisser pourrir la situation. Ne laissons pas le temps jouer en faveur de ceux qui veulent détruire le pays", a déclaré M. Nollet à l'occasion des voeux de nouvel an de son parti.

La chute du gouvernement fédéral en décembre 2018 provoquée par la N-VA doit servir de leçon aux autres partis, estime-t-il.

"Retenez la leçon, ne tendez pas l'autre joue à la N-VA. On sait où cela nous mène", a lancé M. Nollet.

Ecolo a répété qu'il lui était impossible de constituer un gouvernement avec la N-VA.

"La direction que l'on veut donner au pays est fondamentalement différente de celle de la N-VA", a encore dit le co-président qui a insisté sur l'unité de la famille écologiste constituée par Ecolo et Groen: "Ceux qui veulent nous diviser ne sont pas encore nés".

Les Verts répètent qu'"il est temps d'aller de l'avant" pour répondre aux trois signaux envoyés par les électeurs le 26 mai: réorientation environnementale profonde, mesures claires de correction sociale après 4 ans et demi de coalition suédoise et approfondissement démocratique.

"Si nous n'apportons pas des réponses sur ces trois fronts, nous fragiliserons notre pays, nous laisserons le champ libre aux populistes et, pire, à l'extrême-droite", a mis en garde M. Nollet.

L'année qui s'ouvre est particulière pour Ecolo puisque le parti fêtera ses quarante ans en 2020. Il inaugurera sa "maison commune" avec Groen à Bruxelles. Des rencontres de l'écologie sont par ailleurs prévues du 12 au 15 mars, au cours desquelles s'exprimeront divers penseurs, dont le sociologue et philosophe français Edgar Morin, ainsi qu'une grande fête à Huy le 25 avril, là où les bases du parti ont été posées en 1980.